mardi 15 octobre 2013

lundi 14 octobre 2013

CASABLANCA -DAR EL BAIDA - 3

                                   histoiredecasablanca.ma

                                        KALEIDOSCOPE

              - L'HYDRE, CE SERPENT A SEPT TETES ... L'ANTIQUE ANFA, LA SPLENDIDE DEMEURE DE DAR EL BAIDA, CASABLANCA POUR LES ESPAGNOLS, CELLE QUE LE GRAND SULTAN SIDI MOHAMMED BEN ABDELLAH - MOHAMMED III - RELEVERA DE SES RUINES POUR EN FAIRE UNE PLACE DOTEE DE LA SEQALA POUR LA DEFENSE DE LA COTE ET UN ESPACE ECONOMIQUE DE PREMIER ORDRE EN OCTROYANT AUX SOCIETES ESPAGNOLES, LE PRIVILEGE D'EXPLOITATION  DU PORT ET DE L'EXPORTATION DES CEREALES ...DES SIECLES DURANT, ELLE FERA L'OBJET DE CONVOITISES, D'ARRANGEMENTS ET PARFOIS DE DISSENSION ENTRE LES PUISSANCES ETRANGERES, EN RAISON DE SA POSITION STRATEGIQUE ET DE LA RICHESSE DE SON ARRIERE PAYS.
A PARTIR DE 1860, ELLE SERA LE CENTRE ACTIF DES NEGOCIANTS ETRANGERS ATTIRES PAR LA QUALITE DE SES PRODUITS , LAINE ET CEREALES. LES PREMIERS ETRANGERS INSTALLES DANS L'ENSEINTE DE DAR EL BAIDA SONT DES ESPAGNOLS, FRANCAIS, ITALIENS, ANGLAIS, ALLEMANDS, BELGES ETC.
LA TRADITIONNELLE GENEROSITE DES MAROCAINS FERA LE RESTE.
                                                                  



 
Les Almoravides traversèrent à maintes reprises ce pont pour rejoindre le nord du pays et l'Andalousie. C'est dans les années 1050 qu'ils vont lancer leurs assauts, pour la conquête du territoire du Tamesna (l'actuel Chaouia) et de la ville d'Anfa, capitale économique des Berghouata. Abdellah Ben Yassine trouvera la mort lors d'une sanglante bataille, il sera inhumé dans le pays des zaïres. Youssef Ben Tachfine fera le siège d'Anfa durant des mois ... Les Almohades finiront par mettre fin à la présence des Berghouata et procéder à la démolition de la ville ... d'Anfa.
Les Almoravides traversèrent à maintes reprises ce pont pour rejoindre le nord du pays et l'Andalousie. C'est dans les années 1050 qu'ils vont lancer leurs assauts, pour la conquête du territoire du Tamesna (l'actuel Chaouia) et de la ville d'Anfa, capitale économique des Berghouata. Abdellah Ben Yassine trouvera la mort lors d'une sanglante bataille, il sera inhumé dans le pays des zaïres. Youssef Ben Tachfine fera le siège d'Anfa durant des mois ... Les Almohades finiront par mettre fin à la présence des Berghouata et procéder à la démolition de la ville ... d'Anfa.

Des soldats almoravides.
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Carte italienne du XVI° s. : Anfa entourée des territoires du Tamesna.
Carte italienne du XVI° s. : Anfa entourée des territoires du Tamesna.



1500-1515 : Carte de la division politique (Corsaires d'Anfa) dressée par Hassan El Ouazzan dit Léon l'Africain.
1500-1515 : Carte de la division politique (Corsaires d'Anfa) dressée par Hassan El Ouazzan dit Léon l'Africain.


AUTRES CARTES : Carte dressée par Acharif Al Idrissi vers 1150 J.C. ainsi que "La ville d'Anfa citée par Hassan Ouazzan (1500-1510"

L'itinéraire de l'Andalousie, emprunté par les Almoravides et les Almohades.
     L'itinéraire de l'Andalousie, emprunté par les Almoravides et les Almohades.

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Vue aérienne de l'Ancienne Médina.
                                              Vue aérienne de l'Ancienne Médina.
     LA VILLE EUROPEENNE                    
Ville Européenne : Cérémonie d'inauguration d'une statue à la mémoire d'une personnalité Européenne D. Piaz au bd du 4ème Zouaves en présence du Résident Général, des personnalités civiles et militaires et du pacha. Sans la présence du pacha, on se croirait dans un pays des tropiques.
Ville Européenne : Cérémonie d'inauguration d'une statue à la mémoire d'une personnalité Européenne D. Piaz au bd du 4ème Zouaves en présence du Résident Général, des personnalités civiles et militaires et du pacha. Sans la présence du pacha, on se croirait dans un pays des tropiques.

A partir de la place Lyautey : Le "patrimoine" de la ville européenne, entre la statue de la victoire et la Cathédrale ... il y avait le siège de la Région civile du fameux Boniface, organisateur de triste mémoire du massacre de Derb El Kabir en avril 1947 et de la souricière de décembre 1952. Trois symboles significatifs de la propagande coloniale étaient mis en valeur par la redoutable ... carte postale !
A partir de la place Lyautey : Le "patrimoine" de la ville européenne, entre la statue de la victoire et la Cathédrale ... il y avait le siège de la Région civile du fameux Boniface, organisateur de triste mémoire du massacre de Derb El Kabir en avril 1947 et de la souricière de décembre 1952. Trois symboles significatifs de la propagande coloniale étaient mis en valeur par la redoutable ... carte postale !

Façade d'un immeuble : Cette belle représentation murale correspond à la culture et l'histoire des habitants de la ville européenne.
Façade d'un immeuble : Cette belle représentation murale correspond à la culture et l'histoire des habitants de la ville européenne.

Derb Sultan - Nouvelle Médina : Un écusson style Ottomans, au quartier des Habous portant la date de 1360 de l'hégire Texte "alhamdou lillah, ma chaa allah, wala hawla wala kaouata illa billah, men yataadda houdoud allah fakad dalama nafsah.
Derb Sultan - Nouvelle Médina : Un écusson style Ottomans, au quartier des Habous portant la date de 1360 de l'hégire Texte "alhamdou lillah, ma chaa allah, wala hawla wala kaouata illa billah, men yataadda houdoud allah fakad dalama nafsah.

Un des bidonvilles des quartiers de la périphérie dite  "Casablancaise" qui servait "d'habitation" pour de nombreux marocains.
Un des bidonvilles des quartiers de la périphérie dite "Casablancaise" qui servait "d'habitation" pour de nombreux marocains.

Un des immeubles de la ville européenne.
Un des immeubles de la ville européenne.

Légende Casablanca  " Village berbère de Bidon-Ville" C'est sans état d'âme que les "propagandistes" du protectorat  diffusaient ces cartes postales. Comparées aux façades de la ville européenne, elles avaient pour objectif de donner une humiliante image des lieux d'habitation des marocains ...
Légende Casablanca " Village berbère de Bidon-Ville" C'est sans état d'âme que les "propagandistes" du protectorat diffusaient ces cartes postales. Comparées aux façades de la ville européenne, elles avaient pour objectif de donner une humiliante image des lieux d'habitation des marocains ...

1941 : Sous le régime de Vichy, les habitants de la ville européenne avaient leurs manifestations d'ordre historiques, culturelles et/ou patriotiques, ceux des quartiers de l'Ancienne Médina, et de la périphérie (Nouvelle Médina, Carrières Centrales, Carrières Ben M'Sik, Ain Chok, Derb Ghallef etc.) n'avaient aucun lien avec ce type de manifestations là !
1941 : Sous le régime de Vichy, les habitants de la ville européenne avaient leurs manifestations d'ordre historiques, culturelles et/ou patriotiques, ceux des quartiers de l'Ancienne Médina, et de la périphérie (Nouvelle Médina, Carrières Centrales, Carrières Ben M'Sik, Ain Chok, Derb Ghallef etc.) n'avaient aucun lien avec ce type de manifestations là !

1943 : Place Lyautey, sous la statue du Maréchal Lyautey, le Général Clark des forces américaines préside le défilé du matériel offert aux forces françaises. Les habitants de la ville européenne sont assistèrent en masse (après les spectacles vichystes de la place Lyautey) à ce grand défilé.
1943 : Place Lyautey, sous la statue du Maréchal Lyautey, le Général Clark des forces américaines préside le défilé du matériel offert aux forces françaises. Les habitants de la ville européenne sont assistèrent en masse (après les spectacles vichystes de la place Lyautey) à ce grand défilé.

1943 : Place Lyautey, le Général Clark prononce son discours, derrière lui la statue du Maréchal Lyautey.
1943 : Place Lyautey, le Général Clark prononce son discours, derrière lui la statue du Maréchal Lyautey.

Les services municipaux au service exclusif des habitants de la ville européenne, organisait les cérémonies de mariages civils. Après les formalités administratives, les mariés avait droit à la rituelle photo souvenir, devant la statue du Maréchal Lyautey et l'horloge !
Les services municipaux au service exclusif des habitants de la ville européenne, organisait les cérémonies de mariages civils. Après les formalités administratives, les mariés avait droit à la rituelle photo souvenir, devant la statue du Maréchal Lyautey et l'horloge !

La porte principale de la ville de Dar El Baida connue sous les noms de Bab Lekbir et Bab Souk sera remplacée par quatre portes qui porterons le nom de ... Porte de France. L'Horloge occupe le centre de cette "innovation" architecturale.
La porte principale de la ville de Dar El Baida connue sous les noms de Bab Lekbir et Bab Souk sera remplacée par quatre portes qui porterons le nom de ... Porte de France. L'Horloge occupe le centre de cette "innovation" architecturale.

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QUARTIER RESERVE - BOUSBIR -

12 octobre 2013
       
ABDERRAHMANE MOUSSAOUI

Abdelmajid Arrif a eu l’excellente idée de dépoussiérer un document d’ethnographie du Maghreb colonial portant sur un sujet marginalisé, voire occulté, par les études d’anthropologie. Les anthropologues de la période postcoloniale l’ont négligé et les contemporains commencent à peine à réparer l’oubli

1. Avec une telle initiative, Abdelmajid Arrif se livre à un exercice doublement périlleux ; car évoquer la prostitution et son histoire, c’est se frayer un chemin hors des sentiers battus, mais aussi réhabiliter une partie de la littérature ethnographique coloniale. Le faire à partir du terrain marocain ne peut être ni fortuit ni anodin quand on est soi-même d’origine marocaine. Parler de la prostitution et de son histoire, un demi-siècle environ après les indépendances des pays du Maghreb, est également une profonde interrogation du présent, quand un tel phénomène constitue une des tristes réalités des grandes villes maghrébines d’aujourd’hui. Avant une longue et édifiante présentation, une note préliminaire d’Abdelmajid Arrif nous prévient que, à part « une légère intervention sur la forme », le texte original a été restitué dans son intégrité. A travers la relecture de ce document, il reprend à son compte un regard qui pourrait être disqualifié du seul fait qu’il ait été porté par un étranger. La présentation nous apprend que cette enquête sur la prostitution a été menée au début des années 1940 par deux médecins, qui ont travaillé pour le compte du service de la santé publique. Aucun exotisme – ni image d’Epinal donc – ne transparaît dans ce rapport cru. Comme nous le précise Abdelmajid Arrif, « les auteurs traitent de la prostitution en tant que fait économique », en l’inscrivant « dans le champ des relations sociales et des dynamiques de changement qui caractérisent, à l’époque, la société marocaine ». L’étude montre en effet que les aspects moraux sont secondaires, sinon inexistants, dans le destin d’une prostituée. Ce sont surtout des raisons objectives – liées à la précarisation et aux différentes ruptures qu’induit le changement –, qui sont à l’origine des trajectoires des prostituées – même si le facteur immédiat demeure, bien sûr, la violence qu’impose un quotidien fait de ruptures et de drames. Pour les auteurs, « les causes de la prostitution sont des causes économiques », et ils préconisent une politique qui s’attaquerait aux racines du mal :à savoir, « la pauvreté, la misère, les salaires insuffisants, le chômage, la faim et des taux démographiques trop élevés »

L A B I B L I O T H È Q U E D E M I D I – c h r o n i q u e s

Abdelmajid Arrif a raison d’insister sur la dimension méthodologique des auteurs. Leur démarche ethnographique est particulièrement novatrice à une époque où les explications essentialistes et normatives étaient assez courantes. Ils choisissent de faire parler le terrain, au présent, restituant les faits recueillis au ras du sol sans les noyer ni les momifier en les enchâssant dans les grandes théories. C’est l’époque où les études des sciences sociales  prennent le relais des études militaires, dans le Maroc colonial comme d’ailleurs dans tout le Maghreb. Des études statistiques combinées à des enquêtes qualitatives basées sur des entretiens, des récits de vies, des documents iconographiques permettent de saisir les multiples dimensions de ce phénomène. Enquête minutieuse qui ne néglige ni l’éclairage culturel, religieux et symbolique, ni les descriptions détaillées des objets et des contextes. Fidèles à la démarche maussienne décrite dans son manuel d’ethnologie, les auteurs s’attachent à observer et classer les faits. Cette étude nous intéresse à plusieurs titres. C’est une étude de microsociologie urbaine. Un quartier, Bousbir, habité par un groupe, les prostituées, est passé au peigne fin. Comme le montre la table des matières, les différents aspects de la vie de la prostituée sont décrits avec précision : son alimentation quotidienne, ses vêtements, ses produits de beauté, son parler… L’image ou le mot local viennent souligner davantage la minutie des descriptions. La prostituée est également observée dans ses relations avec son environnement et avec sa clientèle et sa société d’origine. Les prostituées juives comme musulmanes continuent de respecter les interdits alimentaires et de célébrer leurs fêtes religieuses. La prostitution n’est pas nécessairement le signe d’une rupture morale. Il s’agit en fait d’un double travail : à la fois anthropologie de la ville et anthropologie dans la ville –pour utiliser les catégories de l’anthropologie urbaine aujourd’hui. Partant de la rapide croissance qu’a connue Casablanca en un demi-siècle (20 000 habitants aux environs de 1900 ; près de700 000 en 1951), du fait des changements imposés par la colonisation, les auteurs mettent en exergue les profondes mutations sociales que va connaître la société marocaine, notamment l’éclatement de la famille traditionnelle et de son ordre patriarcal, livrant la femme, sans préparation ni protection, aux lois du marché. Ce qui, entre autres féaux, va engendrer le phénomène de la prostitution. Et ce qui, en outre, va amener, dans le cadre d’une politique coloniale, la création d’un quartier réservé : « En 1914, les autorités locales, pour des raisons d’hygiène, de contrôle politique et de sécurité, décidèrent de grouper dans quelques ruelles faciles à surveiller un certain nombre de prostituées. »

Ainsi, sur les terrains loués à un certain Prosper, sera bâti un quartier que le parler local désignera par « Derb Bousbir » (littéralement « rue Prosper »). Ainsi naîtra le premier quartier de « prostitution surveillée » au Maroc. Au point où, aujourd’hui encore, dans le langage populaire marocain, le nom de bousbir sert à désigner le bordel. Des prostituées venant de toutes les régions du Maroc, et même de quelques villes d’Algérie, vont être parquées ici, le plus souvent de force. Des femmes âgées entre quinze et trente-cinq ans vont passer d’une vie familiale banale à une vie de recluses, selon des trajectoires différentes mais toutes liées à la modernisation et à l’urbanisation accélérées du Maroc colonial. Ouvrières, domestiques, veuves précoces vont se trouver confrontées à un milieu où la valeur de l’argent supplante toutes les autres. Ce qui confortera la thèse très« économiste » des auteurs, manifestement acquis aux thèses féministes de l’époque. Pour eux, « les causes réelles de la prostitution marocaine sont d’abord des causes économiques » –, misère, salaires insuffisants – « auxquelles s’ajoutent les conditions particulières »

(p. 67). L’émigration, la rupture des liens familiaux, les mariages malheureux, la contagion par l’exemple, l’absence d’éducation… ne sont que des causes secondaires .Les auteurs nous restituent des séquences urbaines, montrant comment la ville rend possible des interactions qui finissent par produire le phénomène. Des femmes « venues travailler pour la matinée ou la journée entière, en ville européenne, comme femmes de ménage se trouvent plongées brusquement dans un milieu étranger. Dès les premiers jours, elles sont sollicitées de toutes parts, dans la rue, dans l’autobus, chez les commerçants, au marché, par des hommes qui les méprisent »

. Cette histoire de la prostitution est également une histoire sociale, qui montre des femmes mais aussi des hommes confrontés, au quotidien, à des mœurs nées d’un mode de vie urbain nouveau.

ETHNOGRAPHIE URBAINE

Le chapitre réservé à la vie de prostituée marocaine à Bousbir est un chef-d’œuvre d’ethnographie urbaine. Une description minutieuse des ambiances selon les moments de la journée.

« Bousbir a deux visages. Le matin, c’est le quartier le plus calme de Casablanca ; le soir, c’est l’animation bruyante et joyeuse d’un mûsem »

(p. 73).Le matin, Bousbir, ce quartier au style des médinas modernes, aux rues tracées au cordeau, contraste avec le reste de la ville. D’un côté, « la foule colorée, bruyante, indisciplinée de piétons et de véhicules aussi divers qu’inattendus : charrettes grinçantes, lourds tombereaux, cars automobiles, luxueuses voitures américaines, bringuebalants autobus, bicyclettes acrobatiques ». De l’autre, « le calme d’un petit village où seuls les piétons ont accès »

(p.73). Les auteurs nous font pénétrer à l’intérieur des maisons du quartier, décrivant la distribution des logements et l’ameublement des chambres, s’adonnant à une sorte d’ethnographie privée, listant les objets. Un « mauvais sommier », un matelas de crin, une "table de nuit européenne", un plateau de cuivre, une théière…
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Texte : LES CURIOSITES DE CASABLANCA - LA COUVERTURE DE CE CARNET ET DU CELEBRE PEINTRE FEU ABASCAL - ARCHITECTES CADET ET BRION CASABLANCA.
Texte : LES CURIOSITES DE CASABLANCA - LA COUVERTURE DE CE CARNET ET DU CELEBRE PEINTRE FEU ABASCAL - ARCHITECTES CADET ET BRION CASABLANCA.

LE Q.R. LES CURIOSITES DE CASABLANCA.
LE Q.R. LES CURIOSITES DE CASABLANCA.

Légende : Nouvelle ville indigène - Quartier réservé - Cadet et Brion Architectes S.A.D.G. !!!Le fond du problème, par rapport aux marocains, ce n'est pas l'architecture et encore moins les noms des architectes aussi compétents soit ils ... C'est l'implantation par le système du protectorat, de ce haut lieu de la prostitution au cœur de la cité musulmane ... A partir de ce postulat, les "artifices" des autres cités dites "indigènes" ou "arabes" n'auront aucun effet sur une population marocaine, consciente du danger qui guettait son identité et son patrimoine, une population immunisée contre la propagande coloniale et viscéralement attachée à sa culture.
Légende : Nouvelle ville indigène - Quartier réservé - Cadet et Brion Architectes S.A.D.G. !!!Le fond du problème, par rapport aux marocains, ce n'est pas l'architecture et encore moins les noms des architectes aussi compétents soit ils ... C'est l'implantation par le système du protectorat, de ce haut lieu de la prostitution au cœur de la cité musulmane ... A partir de ce postulat, les "artifices" des autres cités dites "indigènes" ou "arabes" n'auront aucun effet sur une population marocaine, consciente du danger qui guettait son identité et son patrimoine, une population immunisée contre la propagande coloniale et viscéralement attachée à sa culture.

TYPE DE CARTES POSTALES QUI NOUS MONTRENT DES ADULTES ET MINEURES DES DEUX SEXES A L'INTERIEUR DU BOUSBIR.
TYPE DE CARTES POSTALES QUI NOUS MONTRENT DES ADULTES ET MINEURES DES DEUX SEXES A L'INTERIEUR DU BOUSBIR.




                 - TEXTE BOUSBIR LE QUARTIER RESERVE CP FLANDRIN Un quartier complet contenant des centaines de petites maisons pittoresques et artistiques, le tout entouré d’un grand mur infranchissable, mais percé d’une grande porte flanquée de deux postes de garde l’un de la police municipale, et l’autre militaire et faisant ressembler cette agglomération aux grandes « Ksars » du Tafilalet. C’est incroyable et vraiment curieux ! Mais ces murailles n’abritent pas un Ksar marocain toujours à la merci des coups de mains des harkas rebelles. Elles entourent la « CITE DU PLAISIR » où grouillent une quantité d’hétaïres de toute race, les mettant ainsi à l’abri des … et des sanglantes bagarres qui troublaient autrefois la quiétude des habitants du quartier « BOUSBIR » La Municipalité n’a pas fait les choses à demi, elle a finalement confié l’exécution de ce petit village bruyant et rieur à deux de nos meilleurs architectes qui ont su donner aux maisons et rues de cette cité une tournure artistique et gracieuse qui en fait un éden digne des Milles et une Nuit, tellement que ces abonnées sont toutes entonnées de voir bien souvent dans leurs « murs » des touristes, de vrais touristes, attirés journellement par la renommée très justifiée de ce quartier. §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§ Rien n’a été oublié : un cinéma qui ferait pâlir de jalousie le « Palace », un Hammam (bains maures) qui semble un petit palais, une grande place dominant la campagne et entourée de nombreuses arcades où sont installés de nombreux marchands qui pourvoient ainsi à tous leurs besoins. Près de la porte d’entrée un souk, oui messieurs, un souk aussi beau que ceux des villes impériales de l’intérieur. Partout ce sont fontaines enjolivées de mosaïques multicolores et le murmure de l’eau qui coule abondamment ajoute un charme de plus mêlant son bruit argentin aux clairs éclats de rire des jeunes femmes. Des arbres et des plantes grimpantes à peine éclos, mais qui feront bientôt de ce quartier le coin le plus délicieux de Casa. Oui ! C’est une belle curiosité dont je suis heureux de figer le souvenir par ce petit album qui en portera la renommée dans le monde entier. Cité construite en peu de mois au bord de la ville indigène, cachée dans sa muraille qui garde jalousement son joyau.
§§§§§§§§§§§§§

Tout était prévu par les autorités de l'époque, y compris une salle de projection cinématographique. Le premier cinéma de la Nouvelle Médina verra le jour dans les années ... quarante, c'était le hangar de la Chaouia à proximité du garage Allel. Il fallait donc donner la priorité au quartier ... réservé aux militaires et aux ... touristes !

                                                             



               L'Enseigne commerciale " Casse - Croute Français - Delpech - propriétaire - Maison N° 1

CASA TRAMWAY

24 avril 2013,  CASA TRAMWAY
Entre les stations du Tramway Hassan II et les Anciens Abattoirs, du quartier européen, des photos ont été placées, accompagnées de légendes, pour mettre en valeur les immeubles ardéco édifiés sous le protectorat.
Le parcours très confortable (Oasis-Sidi Moumen) m'a permis de dresser la liste des personnes cités soit en tant qu'architectes où propriétaires d'immeubles de rapport:
Architectes: Albert Greslin, H.J. Delaporte, les Frères Perret, Marius Boyer, Marcel Desmet, Pierre Bousquet, Pierre Aucelle, Hubert Bride, Jean Balois, Georges Ernest Desmaret, Michel Ecochard, Henri Prost, Emile Duhon, Albert Planque, Alexandre Courtois, Paul Tournon, (Pour les vitraux de l'église du Sacré Coeur:Florence Tournon Branly, Jean Mamez et Louis Barillet), Jean François Zevaco, Isaac Levy, Elie Azagury, Albert Laprade, Ignace Sausone, Paul Busutil, Gaston Jaubert (bureau d'études ATBAT-AFRIQUE) Diego Gimenez.
Propriétaires:IMCAMA, La Fraternité du Nord, Hespérides, Atlanta, Shell, Maret, Levy et Chardon, Assayag, Piot Templier, Glaoui (qualifié dans le texte de célèbre...) Vincent Timsit, Famille Toledano
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HISTORIQUE : En remplacement des Syndicats d'architectes, c'est par un Arrêté Viziriel du 1° Juillet 1941 (A l'instigation du Général Noguès, Résident Général, représentant le régime de Vichy au Maroc) qu'on va assister à la création d'un ordre des architectes au Maroc en zone Française, évidemment, les Espagnols avaient de leur côté, mis en place une structure identique, dans la zone nord.
                                                     
- Les immeubles de la ville européenne, destinés à l'habitation et bureaux étaient l'oeuvre des "promoteurs" immobiliers et aussi des autorités du protectorat, c'est ainsi que l'Office Cherifien de l'Habitat, procédera dans les années 50, à la construction de huit immeubles, destinés à l'usage de la population européenne à Casablanca.
                                                     
- "Le Tramway de Brest metropole océane à fait le choix de soumettre les noms des stations de la première ligne de tramway au vote des habitants par internet ..."
Il s'agit là d'une initiative qui mérite d'être saluée et pourquoi pas, l'étendre à la ville de Casablanca en cas d'extension.
                                                     
- Place du ... Général Patton (George S. Patton Jr) : L'Immeuble Shell, un témoin privilégié du patrimoine historique et de la mémoire collective de la ville de Casablanca, nous livre son secret, que les habitants de la ville de Casablanca et d'ailleurs, doivent connaître à travers le mobilier d'une des nombreuses stations d'arrêt de la ville Européenne et où des autres quartiers...
                                                     

- Les stations d’arrêt du Tramway constituent un lieu de « récupération – réhabilitation »  du patrimoine et de la mémoire de la ville. Le support d’affichage « pédagogique » par excellence, ce doit de restituer à la ville son HISTOIRE. C’est sous la dynastie Alaouite que la ville d’Anfa a été relevée de ses ruines, après le tsunami de 1755, par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah qui lui donnera le nom de DAR EL BEIDA.


Pour l’anecdote seulement : Edité en 1912, un annuaire du Maroc évoque  la ville de Dar El Baida – Casablanca,  son objectif, c’est de mettre en évidence  le bon et le mauvais côté de l’histoire de la ville jugez-en : « La ville de Casablanca est plate, sans caractère ni monuments ou curiosités pour le touriste, elle est entourée d’un vieux mur en guise de fortification. Depuis la présence des troupes Françaises, les portes se sont multipliées dans ce mur  inutile et la ville s’étend librement au dehors : tout autour dans les jardins des maisons d’habitation, des villas etc. l’établissement dès 1907, des camps au S.-E. de la ville arabe


- Après le bombardement d'Aout 1907, suivi de la "pacification" de la Chaouia, les marocains pouvaient à peine dire du bout des lèvres  « MA 3AND AL MAYYET MA YEDIR 9ODDAM GHASSALOU » Faut-il rappeler que la ville de Casablanca était sous administration... militaire entre 1907 et 1913 et entre 1914 et 1918 et enfin, sous le régime de Vichy de 1939 jusqu'au 8 novembre 1942-Opération Torch.
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- C’est une farce que d’écrire que la ville est … sans caractère ni monuments et pourquoi pas sans histoire Le bombardement de la ville d’Anfa en  1468 par une flotte de 50 bâtiments (10.000 hommes), commandés  par le propre frère du Roi du Portugal ! C’est peut-être un fait divers… 

-La prison d’Anfa du 16°s.deplacée et  mise sous séquestre depuis 1920 à ce jour

-  La muraille plus que millénaire classée en 1915 par Firman de S.M. Moulay Youssef…partiellement détruite en 1920, sur la longueur du Bd du 4ème Zouaves.

-Jamaa Dar El Makhzen, Bab Souk, Ould El Hamra… Les Saints, patrons de la ville Sidi Allel El Kerouani (1350) et Sidi Belyout… La Seqala, Zaouia, Medersa, Poste Chérifienne,

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- La Librairie Hachette, publiera en 1930, dans la série des Guides Bleus ce qui suit " Le Maroc, qui ouvre, non seulement un nouveau champ d'expansion et d'activité à nos colons, mais aussi un nouveau et merveilleux champ d'études aux artistes, savants et simples touristes ... Une tournée au Maroc devrait constituer le premier voyage d'un Français qui a l'ambition de bien connaître et servir sa patrie. Quel enseignement salutaire ne recueillerait-il pas en effet de la vision d'un tel pays, dont le seul contact suffit à mettre en lumière aux yeux des moins prévenus les qualités supérieures de notre race ..., de révéler à tous des ressources surprenantes et insoupçonnées d'énergie créatrice !" Et de poursuivre " La ville européenne nouvelle a l'originalité d'une "ville champignon" Son développement rapide et inattendu (!) comme celui de son port (!) méritent l'attention du visiteur qui peut aussi assister à l'éclosion d'une grande cité moderne" et de conclure par la ritournelle et mensongère litanie que :


"Les quartiers indigènes anciens n'ont pas de caractères particuliers ... "


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Un des plus beaux fleuron de l'architecture en ville européenne et sans conteste, l'immeuble SHELL. Cet immeuble fait partie du patrimoine historique de la ville de Casablanca. Le commandement des forces américaines tenait ses réunions pour préparer la traversée de la Méditerranée et la libération de l'Europe. Sur cette image, devant l'mmeuble SHELL, une formation des forces américaines, rend les honneurs au Général Clark, commandant la 5ème armée américaine, qui rejoint le Général Patton, célèbre stratège de la deuxième guerre mondiale.
Un des plus beaux fleuron de l'architecture en ville européenne et sans conteste, l'immeuble SHELL. Cet immeuble fait partie du patrimoine historique de la ville de Casablanca. Le commandement des forces américaines tenait ses réunions pour préparer la traversée de la Méditerranée et la libération de l'Europe. Sur cette image, devant l'immeuble SHELL, une formation des forces américaines, rend les honneurs au Général Clark, commandant la 5ème armée américaine, qui rejoint le Général Patton, célèbre stratège de la deuxième guerre mondiale.

La légende "Casablanca-Un bel immeuble. Bd de la Gare (Archit. Boyer)".
La légende "Casablanca-Un bel immeuble. Bd de la Gare (Archit. Boyer)".

L'immeuble Shell, occupé par la Compagnie aérienne Air France.
L'immeuble Shell, occupé par la Compagnie aérienne Air France.


S.M. Sidi Mohammed Ben Youssef, reçoit les Généraux Clark et Patton en présence du Général Noguès, Résident Général.
S.M. Sidi Mohammed Ben Youssef, reçoit les Généraux Clark et Patton en présence du Général Noguès, Résident Général.

Le Général Patton, reçoit S.M. Sidi Mohammed Ben Youssef, accompagné de S.A.R le prince Moulay Hassan, pour leur présenter le matériel militaire américain.
Le Général Patton, reçoit S.M. Sidi Mohammed Ben Youssef, accompagné de S.A.R le prince Moulay Hassan, pour leur présenter le matériel militaire américain.

1943: Le Général Clark, prononcant son discours, lors de défilé des forces américaines, place Mohammed V ex place Lyautey.
1943: Le Général Clark, prononçant son discours, lors de défilé des forces américaines, place Mohammed V ex place Lyautey.

Photo Abdellah Naguib
Photo Abdellah Naguib

Le parc de l'Hôtel Anfa en 1943: Le Président des Etats Unis d'Amérique, Roosevelt en compagnie du Général Patton.
Le parc de l'Hôtel Anfa en 1943: Le Président des Etats Unis d'Amérique, Roosevelt en compagnie du Général Patton.

Au palais Royal de Casablanca, le 13 Janvier 1943, S.M. le Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef accompagne le Général Patton, qui venait de recevoir des mains de S.M. une haute distinction chérifienne.
Au palais Royal de Casablanca, le 13 Janvier 1943, S.M. le Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef accompagne le Général Patton, qui venait de recevoir des mains de S.M. une haute distinction chérifienne.


Photo Abdellah Naguib, c'est dans cet immeuble de la ville européenne que des décisions décisives ont été prises, pour sauver l'Europe.
Photo Abdellah Naguib, c'est dans cet immeuble de la ville européenne que des décisions décisives ont été prises, pour sauver l'Europe.

Photo Abdellah Naguib: C'est autour de cette table, que les réunions présidées par le Général Patton se tenaient dans l'immeuble Shell...
Photo Abdellah Naguib: C'est autour de cette table, que les réunions présidées par le Général Patton se tenaient dans l'immeuble Shell...

Photo Abdellah Naguib: A droite, le siège du Général Patton.
Photo Abdellah Naguib: A droite, le siège du Général Patton.

Cet immeuble fait partie de la mémoire et du patrimoine de la ville,  en raison des évènements historiques, que Casablanca avait connue au lendemain de l’opération Torch (Novembre 1942) et du rôle joué par les Généraux Clark et Patton, lors de la Conférence d’Anfa et pour la libération de l’Europe. Je souligne que la place,  porte le nom du Général Patton … Une plaque commémorative à la mémoire de ces Généraux ne serait que justice !
Cet immeuble fait partie de la mémoire et du patrimoine de la ville, en raison des évènements historiques, que Casablanca avait connue au lendemain de l’opération Torch (Novembre 1942) et du rôle joué par les Généraux Clark et Patton, lors de la Conférence d’Anfa et pour la libération de l’Europe. Je souligne que la place, porte le nom du Général Patton … Une plaque commémorative à la mémoire de ces Généraux ne serait que justice !


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LES SAINTS - PATRONS DE LA VILLE D'ANFA - DAR EL BAIDA

26 octobre 2013
 
ABDELMAJID ARRIF : A L’WALI SIDI ABDERRAHMAN ! NOUS SOMMES VENUS EN VISITEURS

« Oh ! Sidi Abderrahman, nous sommes venus te rendre visite. Couvre-nous de ta protection ! Chay Allah à Sidi Abderrahman ! »Je rebrousse chemin pour rejoindre ma tante et la chouwwafa. Peut-être son tour est arrivé. Je croise un gnawi dont le guembri  résonné d’une musique grave et de la percussion de la transe et un jilali qui l’accompagne de sa flûte qu’il fait tournoyer dans l’espace de la danse d’une femme pour extirper de son tréfonds le mal qui l’habite, le sortir à l’air libre et dénouer ses entrailles. Les cheveux de la femme se déploient dans l’air, dans une chorégraphie saccadée, violente, rythmée de pas qui cognent le sol et ses forces chtoniennes. Au loin, j’aperçois la plage et ses baigneurs. Pour un moment, je crois l’île coupée du monde. Plus loin le minaret de la mosquée Hassan II et son laser désignant la qibla m’apparaissent ainsi que le phare d’Al Ank. J’entends alors une voix familière : « Majid ! Viens. Qu’est-ce que tu fais ? », Me dit ma  tante. Je la rejoins et affronte encore une fois mes pas au seuil de cette pièce toujours si minuscule et si sombre. Une fumée forme une colonne grisâtre et rend l’atmosphère étouffante. « Viens mon fils ! Prends ça », me dit d’une voix douce la chouwwafa. Elle me tend trois rouleaux de plomb, des rouleaux minces et légers. « Passe les sur ton corps et lit la Fatiha». Je m’exécute et telle la gardienne du mausolée, mes lèvres s’animent de paroles dont seuls Dieu et moi connaissons la musique. Elle me demande de lui remettre un premier  rouleau qu’elle met dans une casserole et porte sur le feu d’un butane coincé entre le mur et le seddari. La fusion de la matière et ses mystères se mettent en ébullition. D’une tape dans le dos ma tante me signifie de me lever. Tel un automate pris entre eux femmes, je m’exécute avec un sentiment dérangeant et agréable à la fois de dissociation : le corps et l’esprit pris dans des mouvements schizoïdes, un dédoublement qui imprime sur mes lèvres un sourire discret en permanence. Dedans-dehors, acteur-observateur, toujours la position du seuil. Je me lève, écarte les pieds pour positionner le seau au centre de mon être, pour que les effluves sacrés et les fumigations pénètrent mon corps. Le plomb est chauffé à blanc, jusqu’au point de rupture de la matière. Du solide, il passe à un liquide argenté dont la surface est animée de bulles vivantes, des enflures dansant au fond de cette casserole cabossée au rythme d’implosions sourdes. « Baq! » Une explosion qui me fit sursauter vient du fond du seau rempli d’eau. La  chouwaffa a versé le plomb en fusion dans l’eau. Le choc thermique est impressionnant ; le plomb se resolidifie et s’invente de nouvelles formes. Il est lisse, plane et se transforme en matière noire, grisâtre dessinant une géographie tourmentée. D’une main sûre, Zohra saisit le plomb et le met sur la paume de sa main pour un examen savant. Ma tante tend l’oreille et se penche vers la main de Zohra, le regard inquiet : « Rabi krim wa ma ya kha…» « Dieu est généreux et ne déçoit personne ! ». « Regarde ces clous. C’est pas beau ! », m’annonce Zohra. Les clous, se sont toutes les aspérités effilées, pointues qui doivent me plomber la vie.

–  On t’a jeté un sort ! Mais ça fait longtemps. Longtemps…

Tu as dû souffrir. Mais Dieu est grand. Ta mère a dû faire le nécessaire ».

– « Eh oui, à Chrifa. Les yeux des gens sont mauvais. Ils ne te laissent jamais en paix. Tab‘a  (la poursuivante) ». Tab‘a, cet être ou cette chose informe qui vous suit, vous poursuit tout le temps pour vous faire des crocs-en-jambe et pour transformer le chemin que vous trace la vie en un parcours d’épreuves.

Zohra reprend la deuxième boule de plomb qu’elle met dans la casserole et porta à ébullition sur le feu. « ReBaq». Cette fois-ci le bruit est plus doux, comme étouffé, le plomb plus éclatant et uniforme, sans aspérité, sans « clous ». –  « Rabi kbir ». Dieu est grand, m’annonce Zohra contente d’entrevoir, dans les plis et les accidents de la matière, des signes plus prometteurs.

–  « Tu es endurant mon fils, courageux ».Ma tante appuya d’un «Ayyeeeh a chrifa».

–  « Tu entreprends beaucoup de choses, tu as l’qaboul (l’acceptance). Continue ton chemin, reprit-elle, et Dieu «i farraj», éclairera ton horizon ».La troisième boule de plomb annonce un long voyage, un long chemin à parcourir sous les ailes protectrices d’un oiseau.

Le lendemain, je dois prendre l’avion pour retourner en France et la radio annone, dans la matinée, la fin de la grève des pilotes de la Royale Air Maroc

1-Ma tante règle la visite, imprime un baiser de reconnaissance sur le front de Zohra. Je la salue et nous quittons cette pièce si minuscule et si large de promesses. Une pièce du miracle, du chaud et du froid, de désespoir et de l’espoir, du clair et de l’obscur, du solide et du liquide. Un vrai laboratoire de l’alchimie des âmes et des corps. Quelques mètres plus bas, la noria des chambres à air continue sa danse flottante sur la surface de l’Atlantique. Des corps de femmes assises en cercle ballottés par le mouvement ondulant des vagues. Je reprends pied sur le sable de la plage et continue mon chemin vers le centre-ville.

J’ai l’impression qu’une tab‘a me poursuit, telle l’ombre de mes pas. Pris dans l’agitation des embouteillages de retour de plage, je finis par l’oublier et pense maintenant à mon rendez-vous, place Mohamed V et au retard que j’allais avoir. Aura-t- elle la patience de m’attendre dans ce lieu infesté de dragueurs à l’affût des proies en souffrance de leur rendez-vous.

Ah tab‘a, ce doit être elle qui guide mes pas vers cette place et met mon cœur en effusion et me chauffe, brûle, à blanc.

Aix, le 27 juin 2004.

 

Sidi Abderrahman après la construction de la "passerelle" qui transporte les pèlerins vers l'univers de l'inconnu !
Sidi Abderrahman après la construction de la "passerelle" qui transporte les pèlerins vers l'univers de l'inconnu !

Le Saint Sidi Beliout, haut lieu de la résistance à la pénétration étrangère, proclamé ... "Marabout" sic ! Abou Louyout ou le compagnon des lions, de son vrai nom Abou Hafs Omar Ben Haroun de Médiouna décédé en 595 de l'hégire. Le Saint est entouré de la muraille de la ville d'Anfa et du borj qui porte son nom.

l'Oued Bouskoura ...
l'Oued Bouskoura ...

A l'intérieur de la muraille (classée par Firman du Sultan Moulay Youssef) se trouvait la ville d'Anfa. Le cimetière donne une idée sur l'importance de la ville de Dar El Baida avant 1907 !
A l'intérieur de la muraille (classée par Firman du Sultan Moulay Youssef) se trouvait la ville d'Anfa. Le cimetière donne une idée sur l'importance de la ville de Dar El Baida avant 1907 !

Finalement le protectorat est arrivé à ses fins en isolant le sanctuaire de Sidi Beliout et du coup, couper les rapports des habitants avec le patron de la ville. Dans le même ordre d'idée, l'ex prison d'Anfa qui était mitoyenne de Sidi Beliout à été déplacée au parc Lyautey. E t le tour est joué !!!
Finalement le protectorat est arrivé à ses fins en isolant le sanctuaire de Sidi Beliout et du coup, couper les rapports des habitants avec le patron de la ville. Dans le même ordre d'idée, l'ex prison d'Anfa qui était mitoyenne de Sidi Beliout à été déplacée au parc Lyautey. Et le tour est joué !!!
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PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA - ABDELMOUMEN.
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA - ABDELMOUMEN.

PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -

PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -

PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA - LE SIEGE DE LA SOCIETE GENERALE - BD ABDELMOUMEN.
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA - LE SIEGE DE LA SOCIETE GENERALE - BD ABDELMOUMEN.
CASABLANCA - DAR EL BAIDA - ROND-POINT SAINT EXUPERY.
CASABLANCA - DAR EL BAIDA - ROND-POINT SAINT EXUPERY.

PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -

PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -

PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA - DAR EL BAIDA -

1780 : Portrait du Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah fondateur de la ville de Dar El Baida, par Don Francisco Sebastien de Miranda.
1780 : Portrait du Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah fondateur de la ville de Dar El Baida, par Don Francisco Sebastien de Miranda.

1788 : Le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah reconnait l'indépendance des Etats Unis d'Amérique.
1788 : Le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah reconnait l'indépendance des Etats Unis d'Amérique.

PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA DAR EL BAIDA 1786 : Plaque commémorative de la première mosquée de la ville de Casablanca, connue sous le nom de "Dar El Makhzen" où El Masjid El 3atik.
PHOTO A.NAGUIB CASABLANCA DAR EL BAIDA 1786 : Plaque commémorative de la première mosquée de la ville de Casablanca, connue sous le nom de "Dar El Makhzen" où El Masjid El 3atik.

CASABLANCA DAR EL BAIDA La poste chérifienne, inaugurée par les représentants et les autorités du Makhzen en 1906, en présence des consuls des puissances étrangères.
CASABLANCA DAR EL BAIDA La poste chérifienne, inaugurée par les représentants et les autorités du Makhzen en 1906, en présence des consuls des puissances étrangères.

CASABLANCA DAR EL BAIDA Transporté à dos de mulet, le courrier en provenance de Tanger, la capitale diplomatique du Maeoc, destinés aux différents consulats de Casablanca. Ici l'entré du Consulat de France dont l'adresse portait le nom de - Rue du Consulat de France - Actuelle rue Bab Lekdim (Sidi Bou Smara) en Ancienne Médina.
CASABLANCA DAR EL BAIDA Transporté à dos de mulet, le courrier en provenance de Tanger, la capitale diplomatique du Maroc, destinés aux différents consulats de Casablanca. Ici l'entré du Consulat de France dont l'adresse portait le nom de - Rue du Consulat de France - Actuelle rue Bab Lekdim (Sidi Bou Smara) en Ancienne Médina.

CASABLANCA DAR EL BAIDA Pour permettre la construction de cette église, le terrain à été mis à la disposition du Roi d'Espagne Alphonse XII, par le Sultan Moulay Hassan I° en date du 24 juin 1877.
CASABLANCA DAR EL BAIDA Pour permettre la construction de cette église, le terrain à été mis à la disposition du Roi d'Espagne Alphonse XII, par le Sultan Moulay Hassan I° en date du 24 juin 1877.

CASABLANCA DAR EL BAIDA : Les postes Espagnoles et le Consulat d'Allemagne.
CASABLANCA DAR EL BAIDA : Les postes Espagnoles et le Consulat d'Allemagne.
 
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UNE PAGE DU MOUVEMENT MENE PAR LES NATIONALISTES - POUR NE PAS OUBLIER -

S A I D  H A J J I 
Said Hajji (1912-1942), un des acteurs principaux du mouvement national marocain, pionnier de la presse nationale marocaine d'expression arabe et premier défenseur des libertés publiques et de la société civile au Maroc.

Correspondance avec les responsables du Mouvement National

Lettre de Balafrej à la mission estudiantine de Salé

Montrouge, le 8 février 1931

  • Mes chers amis,

J'ai reçu avec un très grand plaisir votre carte de vœux à l'occasion de la fête de l'Aïd, et je prie Dieu de nous faire vivre cette journée dans un Maroc resplendissant de dignité et de bonheur. Je viens de quitter notre pays cette semaine, après y avoir passé le mois de ramadan, en compagnie de nos amis Mohammed El Fassi et Naciri qui s'y trouvent encore. J'ai été heureux d'apprendre que vous vous êtes inscrits à l'université islamique dont on m'a dit le plus grand bien, tant sur le plan de la fermeté et de la discipline que sur celui de l'intérêt qu'on y porte à la culture arabo-islamique. J'ai été content aussi de vous savoir à Beyrout que j'ai eu l'occasion de visiter il y a deux ans. J'éprouve pour cette ville une affection particulière et j'apprécie beaucoup l'amabilité et la générosité de ses habitants ainsi que la spontanéité de leur accueil, autant de qualités qui ne doivent pas étonner de la part de ressortissants d'une région considérée comme le berceau de notre civilisation et le centre principal de notre culture.

Monsieur Mohammed ben Moubarak à Rabat s'est enquis auprès de moi au sujet de la possibilité d'envoyer ses deux enfants poursuivre leurs études à Beyrout. Pouvez-vous nous fournir de plus amples renseignements sur le système de l'enseignement au Liban et les conditions d'inscription pour que je puisse répondre à l'intéressé?

Je suis sûr que vous ne ménagez aucun effort pour emmagasiner le maximum de connaissances, et que vous vous sentez à l'aise malgré le dépaysement. Fasse Dieu que vous soyez dans les bonnes grâces de votre nation et que vous comptiez parmi les fils les plus dévoués à votre patrie.


Echange de lettres avec Abou Bakr Kadiri

  • D'Abou Bakr Kadiri à Saïd Hajji- 4 octobre 1932

Mon cher ami,

avant toute chose, je voudrais demander de tes nouvelles, et t'informer que nous avons arrêté une procédure pour comptabiliser nos recettes et, après avoir compté l'argent qui rentre chaque mois, nous l'avons trouvé très en deçà de nos prévisions.


  1. Le journal "Alwidad": Nous avons convenu, Mustafa Gharbi, Seddik ben Larbi et moi-même d'apporter quelques modifications au programme qui nous a servi de canevas de travail jusqu'à maintenant, mais qui ne répond plus au bon fonctionnement du journal. Nous avons arrêté le vendredi comme jour de réunion. J'aimerais que tu nous donnes ton point de vue car, lorsque je me suis réuni avec notre ami Mustafa, il m'a dit qu'il n'avait pas connaissance que tu étais au courant des changements que nous voulons introduire dans nos méthodes de travail, et que, tout au plus, tu l'avais informé qu'un bulletin d'informations allait être réalisé par quelques amis à Salé.


  2. Le sultan est rentré de Paris et, jusqu'à ce jour, nous n'avons aucune information digne de foi sur ce qui va se passer. Selon les rumeurs qui circulent actuellement, il semblerait que le Résident Général soit en voie d'être relevé de ses fonctions. Nous avons appris également que le pacha de Fès, Ibn Baghdadi, risque de se faire sauter pour plusieurs raisons, dont la plus importante est "l'affaire Wazzani". Il aurait reçu des menaces de Paris pour ses agissements et, pour toute réponse, il a dit n'avoir agi comme il l'a fait qu'après s'être concerté avec le Service de Renseignements et de Contrôle, lequel service a prétendu qu'il n'était nullement au courant de cette affaire.


  3. Notre ami Omar ben Abdeljalil est rentré de Paris. Il est venu à Rabat où nous nous sommes réunis avec lui au domicile d'Elyazidi. Il était très intéressé par tes nouvelles. Je lui ai remis le solde du mois dernier qui s'élevait à 75 francs. Il m'a informé que Wazzani serait condamné à l'exil à Ghiyata dans la région de Taza, que le Résident Général a été effectivement relevé de ses fonctions et que la décision d'interdire l'entrée au Maroc de la revue "Almaghrib" a été annulée par le Quai d'Orsay. Mais, jusqu'à présent, aucune décision n'a été publiée chez nous au sujet de cette levée d'interdiction. Il est reparti en voyage après m'avoir promis de revenir pour se réunir avec nous à Salé le vendredi prochain.


  4. Notre ami Abdellatif Sbihi a décidé de se rendre à Paris, mais il attend toujours l'autorisation du gouvernement pour son déplacement en France. Des rumeurs circulent selon lesquelles il aurait totalement renoncé à poursuivre la lutte qu'il a initiée contre le dahir berbère, mais toutes ces rumeurs sont infondées et relèvent de la calomnie pure et simple. Ceci étant, nous attendons que tu nous informes de tout ce que tu as comme nouvelles et autres.




  • D'Abdelkrim Hajji à Abou Bakr Kadiri



Texte repris d'un brouillon non daté, mais la réponse, datée du 1er décembre 1932, laisse supposer que cette lettre a été écrite vers la mi-novembre 1932

Cher ami, je te présente mes compliments et mes cordiales salutations

Tu n'es pas sans savoir que nous étions en pleine période d'examens et que, depuis que nous nous sommes quittés jusqu'à ce jour où nous avons accompli notre devoir, le temps qui nous était imparti ne nous permettait guère de te tracer ne fût-ce que quelques lignes. Mais, à présent, nous disposons de plus de temps, ce qui nous permettra de saisir chaque occasion qui se présente à nous pour te rendre compte de tout ce qui nous préoccupe l'esprit.

Oui! je reconnais avoir failli aux obligations requises par la solide amitié qui nous lie, puisqu'il s'est passé plus d'un mois et demi depuis que je suis arrivé dans cette contrée sans t'écrire un seul mot pendant toute cette période, alors que le devoir d'amitié le plus élémentaire exige l'adoption d'une attitude diamétralement opposée à celle dont je me suis rendu coupable. Aussi vais-je m'en remettre à ta magnanimité pour te demander de ne pas prêter attention à cette bévue et de bien t'assurer que seul en était la cause un surcroît de travail qui s'est ajouté à une multitude d'autres empêchements.

En effet, j'étais aux prises avec les multiples obligations que toute personne qui émigre dans un pays étranger pour y poursuivre ses études doit affronter. Il ne doit pas t'échapper qu'ici je suis obligé de subvenir moi-même à toutes les nécessités vitales tout en faisant face au lourd fardeau de la vie scolaire. Je suis à la fois l'élève qui se rend régulièrement à l'école et le père qui doit tous les jours faire le marché pour nourrir sa famille. Mon esprit est constamment partagé entre le souci de ne pas manquer de moyens de subsistance et celui de se concentrer sur les études et les devoirs à accomplir et ce, à un moment où il se trouve engagé dans la mêlée des examens. Tu peux ainsi aisément t'imaginer ce que tout cela exige comme déploiement d'efforts et d'assiduité.

Cher ami. Oui! j'ai reçu ta première et ta seconde lettre et, pendant que je les parcourais, je me suis imaginé ton impatience à vouloir t'enquérir de nos nouvelles à travers les descriptions que tu attends de nous pour bien savoir l'état de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Tu connais la grande amitié que je te porte. Tu ne peux pas ne pas apprécier à sa juste valeur la nostalgie que je ressens. Tu sais que tes lettres parviennent à ton ami comme autant de révélations du caractère sacré de cette amitié. Il les a lues et relues et continuera de les relire tant il est vrai que son esprit ne cesse de brûler de l'ardent souhait de communiquer en permanence avec toi. Il ne s'en est guère lassé pas plus qu'il ne s'en lassera; et il ne s'en lassera pas de sitôt car il perçoit dans ces deux lettres l'esprit d'ingénuité qu'il aime en toi, doublé d'un coeur pur et d'un tempérament vif et enflammé du désir qui fait entrevoir avec bonheur l'avènement de nos prochaines retrouvailles.

Cher ami. J'ai senti dans tes lettres qu'un soupçon de désespoir est en train de t'envahir. C'est une situation très dangereuse dans laquelle tu ne dois pas t'enfoncer davantage. Notre jeunesse, comme celle de toutes les nations et de toutes les contrées, est composée de bons et de mauvais éléments. Les uns oeuvrent en faveur du corps social auquel ils appartiennent. D'autres, au contraire, ne recherchent que leurs propres intérêts. Certains sont doués de suffisamment d'audace, d'autres sont condamnés à porter les fers de la peur et de la couardise. A quoi celà sert-il donc de se désespérer? Penses-tu que les jeunes de ces contrées qui ont gravi les échelons de la liberté empruntent tous le droit chemin, font tous preuve de hardiesse et sacrifient leur vie sur l'autel de la liberté? Non! Non! Comme chez nous, il y a partout le bon grain et l'ivraie. Mais, pour dire la vérité, la majorité d'entre eux déborde de vitalité et se dévoue pour l'intérêt public contrairement à ce qui se passe chez nous où seule une infime minorité est vraiment consciente de ses responsabilités et accomplit le devoir qui lui incombe vis-à-vis de la société. Au demeurant, nous n'en sommes encore qu'au tout début d'un processus de longue haleine, et nous avons la chance d'avoir tout l'avenir devant nous.

Cher ami. Tous nos espoirs sont focalisés sur toi. Fasse Dieu qu'Il exauce les vœux que nous formulons pour que tu réussisses dans les activités que tu entreprends, et que tu puisses t'ériger en héros qui vole au secours de sa patrie pour la sauver de la calamité qui s'est abattue sur elle. "Notre Seigneur est capable de toutes choses".

Cher ami. Mon coeur déborde d'affection et de tendresse envers toi; et je suis incapable de rendre par écrit les sentiments qui m'animent. Je te laisse donc le soin de les lire directement dans mon cœur sans l'intermédiaire de l'encre et de cette plume chancelante.

Cher ami. Notre patrie fonde de grands espoirs sur toi. Elle sent chez toi une tendance affective, un coeur plein d'amour et un esprit qui croit fermement aux vertus de la liberté. Elle te tend la main pour la secourir et l'aider à sortir du bourbier du colonialisme. Répondons tous ensemble à son appel, quitte à réaliser au prix de notre vie une page glorieuse de son histoire, dont elle pourra tirer un titre de fierté devant les autres nations.

Cher ami. Le 5ème No mensuel de la revue "Almaghrib" en langue arabe m'est parvenu.J'ai ressenti une très grande joie à en parcourir les pages de bout en bout. J'ai été particulièrement impressionné par l'article que le fondateur de la revue a intitulé "Question d'équité". A dire vrai, cet article prouve que la revue est en train de s'acheminer vers un nouvel esprit, quoiqu'il contienne une phrase susceptible de porter préjudice à notre politique, mais sans toutefois qu'elle tire vraiment à conséquence. C'était certainement un moyen pour le rédacteur de l'article d'y trouver une justification de la thèse qu'il y a développée. En ce qui concerne l'article paru sous le titre "Le Maroc Catholique", son auteur y a fait preuve d'une grande maîtrise de son art, dans les limites bien sûr permises par les circonstances. De même, l'article consacré à "Ifrane" n'est pas mal non plus. Je pense même que tu en es le rédacteur. Quoiqu'il en soit, nous sommes très contents avec ce No. Puisse ce contentement durer aussi longtemps que possible.

Cher ami. Si le journal "Assiyasa" que je t'ai envoyé t'a procuré beaucoup de joie, j'ai été pour ma part très heureux que l'intention qui a présidé à son envoi ait rencontré en toi quelqu'un qui a su reconnaître sa vrai valeur. Ceci m'encourage à persévérer dans l'envoi de ce journal, surtout depuis que j'ai lu l'observation que tu as faite au grand écrivain Dr Haykal. Nos amis ici ont été unanimes à apprécier ta noblesse d'âme lorsque je les ai informés que tu lui as adressé une lettre de protestation au sujet de l'article dans lequel il a émis des critiques qui ne sauraient en aucune manière s'appliquer au milieu marocain. La jeunesse marocaine doit prendre exemple sur ta conduite et se comporter à l'image du patriote actif que tu es.

Cher ami. N'oublie pas la promesse que tu m'as faite de venir nous rendre visite au mois d'octobre en compagnie de Mme M. Peut-être n'a-t-elle pas oublié elle aussi cette promesse. Je te prie de me répondre à cette question après avoir rappelé au bon souvenir de cette dame que nous fondons beaucoup d'espoir sur la concrétisation de cette promesse.

Cher ami. Si tu nous écris, je souhaiterai que tes lettres contiennent tout ce qui te sera possible de nous communiquer comme informations importantes dont tu sais l'intérêt que nous leur portons, comme l'affaire de la librairie que nous avons laissée au stade de son premier établissement, ou celle des parents qui étaient désireux d'envoyer leurs enfants au Moyen Orient pour y poursuivre leurs études. Je serais également ravi d'avoir des nouvelles de nos chers amis Ahmed Maâninou, Haj Talbi, Omar Mouline et le sieur Hajji auxquels nous adressons en même temps qu'à toi-même, nos salutations les plus cordiales accompagnées d'une affectueuse pensée.


  • D'Abou Bakr Kadiri à Abdelkrim Hajji



1er décembre 1932

Cher ami et grand patriote Abdelkrim Hajji.

Respectueuses salutations.

J'ai reçu ta lettre que j'ai attendue avec impatience; et je ne te cache pas que j'ai été très touché par l'émouvante sincérité de ses accents qui me sont allés droit au cœur. Je ne saurais exprimer l'effet que j'ai ressenti en la lisant, mais il me suffit de penser qu'elle m'a rappelé ton dévouement et l'amitié que tu me portes pour me sentir heureux.

Mon ami, nous fondons de grands espoirs en vous. Répondez à la bonne opinion que nous avons de vous, travaillez et prenez de la peine pour revenir dans votre pays comme des sources de lumière, et restez attachés à votre religion et à vos objectifs patriotiques. Tu m'as demandé de te communiquer des informations sur les évènements importants qui se déroulent dans notre pays. Tu as voulu que je te dise où en était l'affaire de la librairie que tu as laissée au stade des premiers jours de son ouverture . Tu voulais aussi savoir si les parents qui avaient manifesté le désir d'envoyer leurs enfants au Moyen Orient pour y poursuivre leurs études tiennent toujours à leur projet.

Nous avons écrit à Saïd au sujet de la librairie et lui avons communiqué tous les détails la concernant. Tu pourras trouver réponse à ta question dans cette lettre où nous avons pris soin de donner une idée précise de son fonctionnement.

En ce qui concerne les parents désireux d'envoyer leurs enfants étudier au Moyen Orient, ils attendaient le retour du Sultan de son voyage en France pour solliciter son accord. Mais le Sultan est de retour au Maroc, et les parents sont toujours en train d'attendre.

Mon ami, comme je sais que tu aimes bien être renseigné sur les dernières nouvelles, je vais te raconter ce qui se passe actuellement dans notre pauvre pays. Le tyran inique Ben Bouchta Baghdadi, caïd de Fès, est mort. La nouvelle de son décès s'est vite propagée dans la ville où la population des fidèles s'est réjouie de sa disparition. Ses obsèques ont été suivies par une foule considérable de traîtres et de colonisateurs. Ils lui ont fabriqué un cercueil à l'européenne pour le protéger d'être en contact avec la terre ou tout autre objet de nuisance. Mais Dieu a voulu lui infliger un châtiment exemplaire car, au moment où ils s'apprêtaient à le déposer dans la tombe, ils ont constaté que celle-ci était trop petite pour le cercueil. Ils en ont sorti le cadavre et l'ont posé à même la terre. Mais malgré celà, le cadavre était beaucoup trop grand pour l'emplacement qui lui était réservé. Il a fallu qu'ils agrandissent la tombe qui était voisine de celle d'un chérif à qui ils ont dû pousser la tête pour pouvoir placer le cadavre du caïd après bien des difficultés. Ils ont même été obligés de l'inhumer en jetant directement la terre sur son ventre qui s'était démesurément enflé. De plus, de peur que ses ennemis ne viennent le déterrer pour le brûler ou l'exposer à la vue des passants, ils ont pris des mesures de protection en assurant le gardiennage jour et nuit de la "Zaouiya" où il était enseveli. Plusieurs poèmes ont été prononcés en arabe classique et en dialectal marocain pour faire l'éloge des qualités (!) du disparu.

Journée Ahmed Chawqi à Fès: Je t'ai adressé un exemplaire du journal gouvernemental "Assaâda" qui a assuré la couverture des cérémonies de commémoration de la disparition du grand poète du Nil "Ahmed Chawqi" au lendemain du jour de son enterrement. J'ai assisté à cette commémoration en compagnie d'un certain nombre de nos amis de la branche de Salé.

Mon ami, j'espère que tu es en bonne santé et que vous êtes tous contents de votre nouvelle vie scolaire. En ce qui me concerne, je vais bien, Dieu merci, et je me porte à merveille. Transmets mes amitiés à tous, et en particulier à tes deux frères Abdelmajid et Saïd ainsi qu'à votre compagnon Abdelhadi Zniber.

P.S. Il ne m'a pas été possible cette fois-ci, pour une question de temps, de t'informer d'une manière exhaustive de tout ce qui se passe chez nous. Mais, je compte, d'ici à deux jours, vous écrire, à toi ou à Saïd, pour vous tenir au courant de tous les évènements dont notre pays est le théâtre.


  • De Saïd Hajji à Abou Bakr Kadiri



Damas, 4 février 1933

Cher ami,

J'ai reçu ta dernière lettre datée du 16 du mois dernier; je l'ai lue avec une grande attention et appris beaucoup de choses à travers elle.


  1. Ci-joint une lettre détaillée au nom de notre ami Haj Ahmed Maâninou. J'y ai abordé des questions très importantes. Lisez-la ensemble, étudiez-la avec le plus grand soin et faites en sorte d'agir conformément à son contenu.


  2. Le projet que j'avais l'intention de soumettre à nos camarades en Egypte a pris quelque retard. Il consiste en ce que te soient envoyés tous les articles sur le Maroc, pour que tu les centralises et les classes chez toi en attendant notre retour.



Entre temps, je t'ai envoyé deux exemplaires de la revue de l'Université Islamique qui réserve un espace au "courrier du Maroc". Je te ferai parvenir autant que faire se peut une revue de presse de tout ce qui s'écrit sur le Maroc dans les revues et les journaux des pays du Proche Orient. Je t'enverrai également chaque semaine un exemplaire du numéro hebdomadaire de la revue "Al Arab" de Jérusalem.


  1. Quant au rapport que je suis en train de rédiger, il a pris une très grande ampleur et traite des questions suivantes:



    • Avant-propos: Evolution de l'esprit patriotique au Maroc


    • La question berbère, subdivisée en 6 sections


    • La politique d'obscurantisme, subdivisée en 7 sections


    • La politique de paupérisation des campagnes marocaines et la misère des paysans


    • La liberté d'opinion et de réunion


    • La politique d'oppression et la carence de la justice


    • La politique d'expropriation et ses dangers


    • Conclusion: Quel avenir attend le Maroc?





Tels sont les sujets que je suis en train de traiter dans le cadre de ce rapport. Je les ai classés de manière thématique après avoir rassemblé suffisamment de matériaux pour alimenter les développements de chacune de ses sections.

Mais, je suis encore loin de le terminer en raison de l'extension qu'il a prise, et eu égard aux difficultés que je rencontre au niveau de la recherche et de l'ampleur de la matière qui se subdivise chaque jour et donne naissance à une série d'observations qui viennent compléter chacun des points énumérés ci-dessus.

Ce sera un rapport d'au-moins 200 pages, que je ne pense pas pouvoir achever avant 6 mois. Il sera rédigé d'une manière objective et s'adressera directement aux Marocains. Comme tu peux le constater, il ne se limite pas à la question berbère à l'exclusion des autres problèmes de société. Il compte aborder toutes les questions d'intérêt national. Il rentre dans mes intentions de l'intituler:

"Les grandes questions politiques de la nation marocaine"


  1. Ci-joint une lettre à notre ami Ahmed Elyazidi dans laquelle je lui fais part des préparatifs des cérémonies de la commémoration du 3ème anniversaire de la promulgation du dahir berbère du 16 mai 1930, et des efforts que nous déployons ici pour sensibiliser le public oriental à la question berbère. Je te suggère de lui remettre cette lettre à un moment où tu te trouveras seul avec lui, car il est fort probable qu'il veuille t'entretenir au sujet de son contenu s'il le désire.


  2. Tu as fait mention de la volonté des Français de changer leur mode d'intervention au Maroc en remettant les rênes du pouvoir à un parlement où la communauté française sera très largement représentée pour pouvoir agir à sa guise et déposséder le Résident Général et le pouvoir royal de leur autorité, et tu me demandes ce que j'en pense. Il m'est impossible d'exprimer au pied levé à ce propos une quelconque opinion, même schématique. Donne-moi un peu plus de détails sur cette question. Interroge ceux parmi nos amis qui sont dans le secret de ce qui se trame comme machinations. Ce n'est qu'après une étude approfondie de tous les éléments de ce dossier que nous pourrons porter sur lui un jugement valable. Mais, je peux d'ores et déjà te tenir au courant des informations en ma possession au sujet de cette affaire.



A la suite des graves événements consécutifs à la promulgation du dahir berbère, le gouvernement français a été sensibilisé sur le mauvais comportement du Résident Général de France à Rabat et les fautes graves qu'il a commises dans l'exercice de ses fonctions. Après consultation d'un certain nombre d'hommes d'expérience, il a tiré la conclusion que ce serait une grave erreur de lui laisser les mains libres pour agir comme bon lui semble. Il s'est posé la question de savoir s'il n'était pas plus opportun de soumettre ses activités à un contrôle strict pour éviter que ne se reproduise le type d'écart par rapport à la politique officielle de la France qui lui est reproché. Ce réexamen des rapports du Résident Général avec l'autorité gouvernementale ne se limite pas au cas du Maroc. Il englobe également l'Algérie et la Tunisie.

Le gouvernement français a pensé, depuis un an et demi, à la constitution d'un Conseil Général pour superviser l'Administration de ces trois pays. Plusieurs députés, dont le nombre est évalué à une centaine ou plus, ont présenté devant le bureau de l'Assemblée Nationale une proposition de loi appuyant l'initiative du gouvernement; mais les crises ministérielles qui ont eu lieu et les dernières élections législatives qui se sont déroulées à la veille des vacances parlementaires, ont relégué cette affaire au second plan. Peut-être sera-t-elle reprise à la rentrée d'automne, mais nous ignorons dans quelle direction elle va s'orienter. Quoiqu'il en soit, tiens-moi informé pour que nous puissions étudier la question avec nos amis en Europe..


  • D'Abou Bakr Kadiri à Abdelkrim Hajji



10 février 1933

Mon cher ami et grand patriote Abdelkrim Hajji,

J'ai reçu avec un immense plaisir ta précieuse lettre qui témoigne de la grande amitié que tu me portes. La profondeur de la pensée et la maîtrise de la rhétorique jointes à l'aisance du style et à la sincérité de l'argumentation, y sont autant de qualités dont j'ai été ravi, et qui témoignent d'un esprit cultivé et fort lettré. Je prie Dieu de nous faire don de beaucoup de jeunes comme vous avec une âme fière, un sentiment religieux à toute épreuve et une conscience toujours en éveil. Nous devons nous promettre de travailler la main dans la main du moment que nous partageons les mêmes idéaux et que nous optons pour les mêmes orientations et les mêmes objectifs. Notre devoir consiste à lever haut le flambeau de l'Islam et à en propager les enseignements qui prêchent la vérité. Nous devons faire taire la voix de ces oppresseurs qui cherchent à nous égarer, et faire de notre dévouement inconditionnel à la cause nationale notre guide et notre objectif dans tout ce que nous entreprenons. Nous sommes appelés à lutter de toutes nos forces et dans toute la mesure de nos moyens et de nos possibilités contre l'esclavage et le colonialisme de sinistre réputation. Même si le chemin est ardu et parsemé d'embûches, nous avons la force d'espérer venir à bout de toutes les difficultés qui se présenteront devant nous. Nous y croyons fermement et nous sommes résolus d'aller de l'avant, comptant sur l'aide de Dieu ainsi que sur la foi des hommes libres et dévoués comme vous. Même si nos efforts n'ont pas tous été couronnés de succès, et que certains acquis qui étaient à portée de notre main nous ont échappé, ceci ne fait que nous renforcer dans la croyance en nos principes et nous inciter à persévérer dans notre lutte. Un vieux dicton nous enseigne que "la chute n'est pas en elle-même un motif de fierté, mais il y a lieu d'étre fier de se relever de la chute chaque fois qu'on a trébuché".

La voie du succès commence peu à peu à se faire entrevoir devant nous. Auparavant, la publication d'une revue nationale libre pour défendre les droits spoliés de notre pauvre patrie était du domaine du rêve. Mais aujourd'hui, fort heureusement, les temps ont changé, et cette presse que nous avons longtemps convoitée est devenue une tribune libre où tous les Marocains sont admis à exposer leurs opinions, à dévoiler les préjudices qu'on leur fait subir et à protester par son intermédiaire contre tous les torts dont ils sont victimes. Maintenant, les circonstances nous sont plus favorables pour passer de cette première phase à une étape supérieure, celle de la création d'une revue hebdomadaire nationale et politique, qui sera le porte-parole de l'ensemble des Marocains, et en particulier de la jeunesse patriotique. Cette revue sera rédigée en langue arabe par une élite composée parmi les plus compétents de notre jeunesse intellectuelle. La joie et l'allégresse de tous les milieux marocains sont à leur comble, chez les jeunes et les moins jeunes, lorsqu'ils ont appris la nouvelle du projet de publication de cette revue. Les coeurs débordent d'aise, les visages sont souriants, ce qui prouve que cette nation infortunée s'est rendue compte de l'importance d'une revue qui s'exprime en son nom dans toutes les questions la concernant. Si Dieu veut, et que nous obtenions l'autorisation de faire paraître cette publication - chose qui ne fait plus aucun doute - le Maroc apparaîtra sous sa belle parure nationale d'un pays musulman; et ainsi, de jour en jour, nous réalisons un progrès après l'autre, jusqu'à ce que, les circonstances aidant, nous arrivions à nos fins.

Mon cher ami, tu as noté dans ta lettre que tu voudras m'écrire d'une manière ordonnée pour me mettre au courant de toutes les nouvelles qui circulent chez vous, qu'elles concernent le Maroc ou le monde islamique dans son ensemble. Cette initiative m'a comblé de joie, et j'attends avec une impatience que je contiens à grand 'peine l'arrivée de ta prochaine lettre où tu vas certainement exposer comment tu comptes ordonner ta correspondance et en définir les objectifs. De mon côté, je te répondrai dans la mesure du possible à toutes les questions que tu te poses et t'informerai des évènements les plus récents et, bien sûr, chaque fois qu'un élément nouveau interviendra sur la scène politique marocaine, que ces éléments nous soient favorables ou défavorables. Je pense et je suis persuadé que je suis le seul ami qui remplit tous les devoirs d'amitié envers vous. Je suis toujours heureux lorsque vous me demandez quelque chose, ou quand vous me faites une proposition ou que vous m'orientez dans la voie de l'intérêt général. Je ne suis pas de ces personnes égoïstes qui ne pensent qu'à eux-mêmes. Mon but dans la vie est de vivre pour ma patrie et de mourir pour sa défense.

Mes amitiés à tous les camarades que je connais ou non, et en particulier au frère Abdelmajid qui ne pense jamais à nous et ne se rappelle jamais à notre souvenir, ne serait-ce qu'avec une carte de vœux à l'occasion d'une fête.


  • De Saïd Hajji à Abou Bakr Kadiri



Damas, début mai 1933

Très cher ami,

... Je t'ai annoncé le projet de publication d'un numéro spécial de la revue "Al Arab" de Jérusalem à l'occasion du jour en question. C'est du moins ce à quoi nous nous étions mis d'accord depuis deux mois et demi avec le responsable de cette publication. Nous avons préparé tous les textes et mis au point plus de 18 articles parmi ce qui a été écrit de mieux sur le Maroc dans différents domaines, expliquant notre situation avec le maximum de clarté à nos frères orientaux. Un mois et 4 jours avant la date fixée pour la publication, nous avons fait parvenir à la direction de la revue, conformément à l'accord que nous avons passé avec elle, toute la matière que nous avons pu rassembler pour qu'elle soit publiée au numéro qui précède de trois semaines le jour anniversaire du 16 mai, pour que vous puissiez le recevoir à cette date. Mais, lorsque le responsable de la publication a pris connaissance du dossier qui lui a été remis par nos soins, il s'est mis à l'idée que le numéro spécial allait être saisi par les autorités du protectorat à son arrivée au Maroc, et que ceci allait lui causer une grande perte au niveau de son activité de distribution dans notre pays où la vente de la revue s'effectue dans de très bonnes conditions. Il s'est alors excusé de ne pas pouvoir réaliser le numéro spécial convenu avec nous en invoquant des prétextes dépourvus de toute consistance. Finalement, il nous a dit ceci: Résumez toute cette matière pour la réduire à un article ou deux. Essayez d'obtenir d'une des plus grandes sommités de l'Islam un article qui sera publiée sous sa signature, et je vous promets un supplément de 8 pages ou plus. Nous avons alors contacté le prince Chakib Arsalane pour lui demander de nous rédiger un article, mais il s'est perdu en vaines excuses, sous prétexte que les Français l'accusaient d'être un agent agitateur du Mouvement National, et nous a clairement laissé entendre qu'il était judicieux qu'il s'arrêtât d'écrire des articles sur la cause marocaine ou berbère. Une telle excuse est, comme on dit, une toile d'araignée derrière laquelle il s'est abrité pour décliner notre invitation.

... Je t'écris ces quelques lignes le jour même du 16 mai afin de te tenir au courant des résultats que nous avons enregistrés au niveau de la presse du Moyen Orient. Les journaux et les revues d'Egypte et de Palestine publient depuis une semaine de longues manchettes sur la cause marocaine. En revanche, en Syrie, la réaction de la presse est nettement plus faible en raison des pressions exercées sur elle. Il suffit de savoir que nous avons adressé à la presse et à la plupart des personnalités syriennes deux papiers d'informations et que seul un papier parmi les deux a été publié et par un seul journal. Quant à l'Iraq, nous avons distribué auprès de ses organes de presse et de ses principales sommités des papiers d'informations très variés sur la question marocaine, et nous sommes dans l'attente de leurs réactions. Nous ne manquerons pas de vous faire parvenir les retombées de presse, si retombées il y a, ou de les amener avec nous quand nous rentrerons au Maroc.


  • De Saïd Hajji à Abou Bakr Kadiri - Le Caire, 26 octobre 1933



Très cher ami,

C'est la première lette que je t'envoie du Caire, et j'attends avec impatience tes lettres où tu me donnes des nouvelles du Maroc et où tu m'informes des évènements qui s'y sont déroulés depuis que je l'ai quitté jusqu'à maintenant. Je te transmets les salutations de nos amis de Tétouan au milieu desquels je me trouve. Ils sont tout feu tout flamme pour entreprendre toute action profitable à notre chère patrie. Nous nous sommes entretenus très longuement au sujet du bulletin d'informations et nous sommes tombés d'accord sur l'orientation à lui donner. Nous allons très bientôt passer du stade de la conception à celui de la réalisation. Mais nous sommes toujours en train de penser à la voie la plus rapide pour vous en faire parvenir un certain nombre d'exemplaires au Maroc. Tu t'es certainement fait une idée sur cette question. Si c'est le cas, je te prierai de m'en faire part dans un prochain courrier en marge des nouvelles du pays et des évènements qui s'y produisent. Nous sommes disposés à vous envoyer une grande quantité de ce bulletin. Mais, là-aussi, je te demande de m'indiquer une évaluation du nombre d'exemplaires dont tu comptes assurer la distribution, surtout qu'à l'avenir, ce type d'activités sera tributaire d'une aide matérielle de votre part. La question du "Cahier des Revendications" est très importante. J'ai besoin de savoir les étapes par lesquelles elle est passée. Rends-toi chez notre ami Elyazidi pour l'informer qu'à titre personnel, je t'ai tenu deux jours avant mon départ au courant de l'historique de cette affaire. Tu devras prendre devant lui l'engagement solennel de ne divulguer à personne d'autre qu'à moi-même l'entretien que vous aurez à ce sujet. Cette lettre pèche par excès de concision. Je me rattraperai au prochain courrier. Mais, entre-temps, j'attends ta réponse.


  • De Saïd Hajji à Abou Bakr Kadiri



Le Caire, 4 mai 1934

Très cher ami,

Nous avons reçu depuis deux jours "le journal officiel" avec le texte modificatif du dahir berbère, que tu as eu l'amabilité de nous envoyer. De même, notre ami Mohammed Hassar a fait allusion à cet amendement dans une de ses dernières lettres. Mais, jusqu'à présent, nous ne sommes pas encore arrivés à savoir ton opinion ni celle des camarades militants au sujet du changement intervenu dans le texte initial. Celui-ci a besoin d'être analysé et étudié dans ses moindres détails. Pour l'instant, nous retenons seulement que les actes criminels commis en territoire berbère relèvent désormais de la compétence des tribunaux du Makhzen à Rabat où une chambre spécialement créée à cet effet aura pour mission de rendre justice en matière pénale. Nous avons également reçu un exemplaire de "l'Action du Peuple" daté du 20 avril, et où il n'est nulle part question de cette affaire. Nous ne savons donc pas ce qu'en pense notre Mouvement. Nous nous sommes contentés, jusqu'à plus ample informés, des articles de presse ayant fait état de cet amendement. Nous attendons avec une grande impatience que vous éclairiez notre lanterne, surtout que nous sommes à la veille du 16 mai. Je t'ai écrit au sujet de la commémoration de cette date deux lettres par lesquelles je t'ai informé que nous ne pourrons rien entreprendre qui ne soit déjà déblayé à votre niveau, en raison de nos obligations scolaires, et nous n'avons reçu aucune réponse. Aussi, le jour anniversaire du 16 mai va-t-il se dérouler calmement avec quelques articles qui seront publiés à cette occasion. De plus, la question de l'amendement apporté au dahir berbère a quelque peu freiné notre activité, car nous avons jugé utile de ne rien entreprendre tant que nous ne sommes pas amplement informés de ce que les responsables du Mouvement National pensent des tenants et aboutissants de cette affaire.

Lettres signées Ahmed Maaninou

Haj Ahmed Maâninou

Haj Ahmed Maâninou entretenait, comme Abou Bakr Kadiri, une correspondance hebdomadaire avec les frères Hajji au Moyen Orient. Malheureusement, seules ont réussi à avoir raison des vicissitudes du temps deux lettres, l'une adressée à Saïd, l'autre à Abdelkrim


  • De Haj Ahmed Maâninou à Saïd Hajji



Salé, 25 avril 1931

Mon cher ami,

Quelle est la raison de cette longue interruption de nos relations épistolaires? Je ne suis pourtant pas un étranger, et n'ai commis aucune faute, que je sache, envers toi. Quand bien même j'aurais péché, ce ne pouvait être que par inadvertance, et la porte du pardon serait restée ouverte devant moi.

Ce qui paraît justifier ton silence tient certainement à ce que tu es très occupé par tes études, mais ceci ne devrait pas t'empêcher de trouver cinq minutes par mois pour te rappeler au bon souvenir de ton ami qui, lui, prenant Dieu à témoin, pense à toi tout le temps.

Mon cher ami,

il est de ton devoir de remplir ton engagement de m'écrire au moins une fois par mois. J'ai vainement attendu d'avoir de tes nouvelles, mais, hélas! ... Tu devrais te rappeler tes amis condamnés à vivre dans la misère et rallumer en eux la flamme de l'espoir afin qu'ils ne succombent pas sous le poids de la répression, de l'exil, de l'emprisonnement et des châtiments de toutes sortes qui s'exercent sur eux comme une malédiction divine. Tu les as chassés de ta mémoire, ou plutôt, tu as commis une lourde faute à leur égard, que Dieu te pardonne.

Tu t'es trouvée au milieu d'un peuple vivant, soucieux de progrès et comptant parmi ses qualités innées l'amour de la vie et l'esprit chevaleresque. Grand bien te fasse, mon cher, de séjourner là-bas et d'aller si loin assouvir ta soif du savoir. Quant à nous, nous n'avons ni la possibilité de nous éduquer ni la chance de jouir de notre liberté.

Notre respiration et nos gestes sont constamment surveillés. Lamentations, gémissements et soupirs sont autant de crimes inexpiables qui mènent droit au banc des accusés où se vérifie le vers célèbre du grand poète irakien:

Silence, oh! mon peuple, et gare à ta conduite
La parole est bannie et dès lors interdite

Mon ami,

je t'ai toujours considéré comme tel, dans l'aisance comme dans l'adversité. Loin de moi l'idée que tu as changé. Je ne me permets de douter de ton amitié que par inadvertance. Aussi suis-je dans l'attente d'une lettre toute de perles sertie, comme tu en as le secret, pour me permettre de retrouver mon aplomb dans l'extrême agitation où je me trouve.

En ce qui nous concerne, je pense que tu es au courant de ce qui se passe chez nous, où rien n'a changé et rien ne vaut la peine d'être cité, si ce n'est un surcroît d'humiliations, de misère, d'intrigues à l'encontre des innocents et de musellement qui réduit tout le monde au silence.

Nous sommes totalement privés des plaisirs de la vie. Nous n'avons la liberté de nous éduquer ni chez nous ni à l'étranger. C'est pourquoi tu me vois dans l'impatience de recevoir tout ce qui vient de vous, serait-ce sous forme de résumé.

Comme tu le sais, les journaux du Moyen Orient ne rentrent plus au Maroc, à l'exception du quotidien égyptien "Al Ahram". C'est notre seule source d'informations qui nous permet de suivre les travaux du Congrès Islamique à Jérusalem. Nous avons également reçu une revue syrienne intitulée "Al Rabita Al Islamiya" (l'Alliance Islamique).

Je ne sais pas combien de temps le gouvernement va continuer à tolérer l'entrée au Maroc de ces publications ou s'il va bientôt les inscrire elles aussi sur la liste des journaux interdits. Il est le seul à pouvoir prendre une telle mesure sans que quiconque ait quoi que ce soit à redire.

Mon cher ami,

je voudrais t'orienter vers une de mes connaissances à Damas qui s'appelle Saïd Habib. Originaire d'Algérie, l'intéressé a fait partie de la communauté algérienne qui a accompagné Son Eminence Abdelkader ElJazaïri en Syrie. Il travaille actuellement en qualité de fonctionnaire dans l'Administration des Postes et des Télégraphes.

Je lui ai écrit récemment et lui ai parlé de toi. Je lui ai dit que tu résidais à Damas, à ce qu'on m'a dit, puisque je ne connais pas encore ton adresse exacte dans la capitale syrienne, ce qui explique pourquoi je t'adresse cette lettre par l'intermédiaire de ton frère Abdelmajid.

Je te recommande vivement cette personne et te prie de lui rendre visite aussi vite que tu peux à l'endroit que je t'ai indiqué. C'est un homme extrêmement serviable. Tu pourras te renseigner auprès de lui sur les journaux que tu peux nous envoyer de Damas, sans crainte qu'ils ne soient saisis en arrivant au Maroc. Il m'a promis de s'occuper personnellement de ces envois et m'a demandé de lui dresser une liste des publications admises à entrer au Maroc et une autre énumérant les journaux et revues frappés d'interdiction.

Il nous a dit le plus grand bien d'un journal de Damas qui s'appelle "Al Bayane". Ce journal, me semble-t-il, ne figure pas sur la liste des journaux interdits d'accès dans notre pays. Il peut donc nous l'envoyer sans problème. Je te prie aussi de nous faire parvenir toutes les publications et les rapports du Congrès Islamique ainsi qu'un choix de photos des participants. Nous en avons absolument besoin pour nous faire une idée de l'ambiance et des activités du Congrès. Nous t'en remercions à l'avance.

Cher ami,

il me plait de t'informer que je me suis rendu à Fès où j'ai visité la Karaouiyine et me suis réuni avec les représentants de la branche fassie du Mouvement National qui tous vous envient et vous souhaitent plein succès dans vos études Il ne t'échappe pas que l'université de la Karaouiyine a été réorganisée, mais pas de manière très satisfaisante.

En ce qui concerne notre petite ville de Salé, les camarades y sont très studieux et assistent régulièrement aux cours qui y sont dispensés.

En revanche, le Club littéraire n'a plus ouvert ses portes depuis votre départ.

Ton père et tes deux frères Abderrahman et Mohammed vont bien. Je te demande d'associer Abdelkrim à la lecture de cette lettre qui s'adresse à vous tous et je formule le vœu que Dieu vous guide, vous protège et vous assiste dans vos études.

Recevez les cordiales salutations de tous vos amis.


  • De Haj Ahmed Maâninou à Abdelkrim Hajji



Salé, 17 novembre 1932

Mon cher ami, cordiales salutations

J'ai reçu ta lettre qui exprime ce que ta conscience libre te dicte d'entreprendre pour la sauvegarde de notre patrie qui mérite tous les sacrifices. Quel homme merveilleux et dévoué tu es! Que Dieu nous fasse don de beaucoup de tes semblables, et nous facilite à nous tous les conditions de rapprochement et de solidarité dans l'accomplissement du travail productif en faveur de la patrie et de la nation.

Le succès que vous avez remporté dans vos examens nous a comblés de joie. Nous vous souhaitons de réussir dans tous vos projets. Puissiez-vous rester en bonne santé et que Dieu vous assiste dans tous vos efforts. Nous avons appris que ton frère Abdelmajid et Abdelhadi Zniber vous ont rejoint à Damas pour s'inscrire avec vous à l'université. Pourquoi ont-ils quitté l'université islamique?

Transmets nos meilleures salutations à tout votre entourage, et en particulier à notre cher ami le cheikh Mohammed Adnan Al Jazaïri. Rappelle-lui l'affaire de Mohammed El Mayr à qui il a adressé 100 francs par la poste française et lui a demandé un certain nombre de choses, mais n'a reçu ni réponse négative ni même accusé de réception. Je tiens à ce que tu me répondes rapidement au sujet de cette affaire, sans oublier bien sûr de me communiquer les nouvelles de Syrie car tu n'es pas sans savoir notre déficit en matière de presse.

Je te prie d'informer ton frère Abdelmajid que je lui ai adressé récemment plusieurs numéros du journal "Assaâda" à l'université islamique, et que je n'ai reçu aucune réponse de sa part. Je voudrais savoir s'il a reçu ces journaux et s'il faut continuer de lui adresser son courrier à l'université islamique ou à une autre adresse.

Rappelle lui la promesse qu'il nous a faite de nous faire parvenir des exemplaires de la presse orientale qui nous procure toujours un immense plaisir. Dis-lui de ne pas oublier les affaires que nous avons en commun. Nous vous en avons adressé dans un précédent courrier un relevé détaillé pour que vous soyez parfaitement au courant de la situation. Je vous ai également fait parvenir, à titre d'information, le dernier numéro de la revue mensuelle "Almaghrib" en langue arabe.

Lettre de Hachmi Filali

21 mars 1933

Mon très cher ami,

J'ai reçu ta charmante lettre. Les raisons du retard que j'ai mis pour te répondre tiennent à ce que notre ami Ahmed Balafrej venait d'arriver en compagnie de Me Jacques Longuet, directeur de la revue "Almaghrib",

Celui-ci s'est déplacé de Paris pour recueillir le maximum d'informations au sujet de l'affaire du Marocain accusé du meurtre d'un ressortissant juif et condamné par les juridictions françaises à deux ans de prison ferme et 50.000 francs de prix du sang, parce que le crime a été perpétré en territoire berbère et relève d'après la législation en vigueur de la compétence des tribunaux français, même si le criminel et la victime sont tous deux des Marocains.

Nous avons voulu leur réserver un accueil grandiose, mais le ministère des Affaires Etrangères n'a autorisé Me Longuet à venir au Maroc qu'à la condition qu'aucune manifestation ne soit organisée en son honneur.

Toutefois, bien qu'il n'y ait eu aucun accueil officiel, les festivités se sont multipliées depuis son arrivée à Fès. Vendredi dernier, nous avons organisé une excursion à laquelle beaucoup de jeunes ont pris part, et qui a remporté un très vif succès. Je t'enverrai quelques photos de cette sortie par un prochain courrier.

Ce qui a incité les gens à marquer de l'intérêt pour notre hôte, c'était son extrême modestie, sa conduite irréprochable et la grande sympathie qu'il témoignait à l'égard de chacun.

Il essayait de s'exprimer par des gestes pour compenser le fait qu'il ne savait parler que le français. Il appréciait toutes nos traditions en les préférant aux us et coutumes de son propre pays. Il prenait soin de respecter les habitudes locales. Il mangeait avec les doigts et ne se servait jamais de la cuiller et de la fourchette. Il enlevait ses souliers quand il entrait dans les endroits recouverts de tapis. Il s'asseyait comme nous à la marocaine. Bref, il nous rendait la bienveillante sympathie que les jeunes intellectuels avaient pour lui.

Nous allons lui offrir comme cadeau de bienvenue un objet précieux des arts traditionnels du Maroc.

Le gouvernement a pris de très grandes précautions pour l'isoler, en exerçant un contrôle sévère parmi tous ceux qui lui étaient présentés ou avec lesquels il s'est réuni ou s'est entretenu.

Mais tout ceci n'a pas empêché les gens de prendre contact avec leur hôte qui, lui, était vraiment agacé par le comportement de l'administration du protectorat à son égard, comportement qu'il a qualifié de paramilitaire. Il se déplaçait la nuit d'un endroit à un autre et trouvait partout les portes closes et surveillées par des gardiens qui, l'arme à la main, contrôlaient les allées et venues de tous les passants.


De Saïd Hajji à Omar ben Abdeljalil

Cher ami, cordiales salutations

Depuis que tu as quitté le Maroc en vue de poursuivre ton action en faveur de la cause nationale à Paris, la situation dans notre pays s'est dégradée et va de mal en pis. Les militants sont désorientés et se trouvent dans une position pour le moins insolite.

J'ai donc pensé t'envoyer cette lettre pour vous livrer, à notre ami et grand patriote Mohammed ben Hassan Elwazzani et à toi-même, des éclaircissements sur les difficultés que traverse le mouvement national dans les circonstances actuelles telles que nous les percevons.

Depuis le jour où la presse nationale a été interdite, l'Administration saisit toutes les occasions pour nuire aux patriotes et faire tout ce qui est en son pouvoir pour les combattre, pendant que ceux-ci n'entreprennent aucune action productive qui permettrait de sortir le mouvement national de cette phase difficile dans laquelle il se trouve vers une autre qui l'aiderait à progresser.

Nous avons multiplié les réunions et n'avons réussi à enregistrer que de vagues suggestions ne débouchant sur aucune activité réelle et efficace.

Il a été interdit à notre ami Allal El Fassi de dispenser ses cours à la Karaouiyine. Il s'est rendu à Rabat où nous nous sommes réunis avec lui. Au cours de cette réunion, lecture a été donnée de ta lettre par laquelle tu nous informes qu'une vive protestation a été élevée contre cette interdiction, et qu'un renouvellement des structures de notre mouvement s'imposait à la suite de cette mesure arbitraire.

Une discussion s'est engagée sur l'opportunité de diffuser un communiqué dans les milieux populaires explicitant le comportement inadmissible de l'autorité du protectorat à l'égard de notre mouvement, ainsi que notre réprobation de cette politique d'oppression, notre souci d'ouvrir la porte du dialogue avec le pouvoir colonial et le refus catégorique de celui-ci de faire un geste quelconque pouvant déboucher vers une politique d'ouverture.

Notre ami Mekki Naciri représentait la fraction opposée à l'idée du communiqué qu'Ahmed Elyazidi et Allal El Fassi soutenaient.

Aux termes du débat qui s'est déroulé autour de cette question, il a été décidé de publier le communiqué et une commission a été chargée de préparer un projet de texte. Mais, au bout de deux jours, l'idée du communiqué a été classée et rejetée aux calendes grecques.

Selon l'opinion de Mekki Naciri, nous avons le devoir d'organiser l'intérieur de la maison avant l'extérieur. A priori, cette idée est saine en tant que point de départ et peut rencontrer l'adhésion de tout militant qui se respecte. Mais elle soulève quelques observations qui doivent également entrer en ligne de compte et être prises en considération.

L'idée d'arranger d'abord l'intérieur de la maison nécessite un temps fort long, et il est impossible que notre mouvement reste les bras croisés pendant toute la période que cette remise en ordre exige. En second lieu, l'arrangement de l'intérieur tel que nous pouvons l'imaginer relève d'une conception théorique incompatible avec les disponibilités de notre peuple et son éducation. De plus, notre mouvement est de création récente et ne peut être réorganisé que dans le cadre d'une structure simple et souple à la fois, quitte à nous acheminer par la suite vers des types d'organisation plus compliqués. Mais ceci ne pourra se réaliser qu'avec le temps, un affrontement permanent avec une grande variété d'évènements et une ferme résolution d'aller de l'avant.

Quant à notre ami Elyazidi, il donne l'impression d'hésiter ou, plus exactement, de se sentir à la croisée des chemins. Il appuie l'idée de la remise en ordre de l'intérieur, mais n'y met pas le cœur pour la réaliser. Il en est de même des autres camarades. Jusqu'à quand vont donc durer ces tergiversations?

Mon sentiment est qu'elles vont s'éterniser si nous persistons à envisager les problèmes sous l'angle théorique et que nous continuions de négliger l'aspect pratique des solutions à adopter pour élaborer un plan d'action en faveur de notre mouvement, en y mettant notre patience et la force de notre résolution à l'épreuve.

Nous devons nous organiser nous-mêmes, arrêter l'ordre de nos responsabilités et procéder à une répartition des tâches de façon à ce que nous ne restions pas immobiles devant le cours des évènements qui se suivent à une cadence accélérée.

Nous devons aussi penser à des actions de nature à aider notre peuple à comprendre le sens de la vie et être conscient du rôle qui lui incombe dans le combat que nous menons pour la liberté. Notre peuple a plus besoin que jamais de nourrir son esprit et de sentir le sang de la vie circuler dans ses veines, tout en sachant que la vie est une aventure des plus dangereuses.

J'aimerais connaître ton opinion ainsi que celle de notre ami Elwazzani. Nous avons jugé utile, aux termes d'une longue réflexion, d'agir là où l'action était possible, après avoir constaté que les camarades ne font rien, n'appuient ni ne rejettent aucune des propositions que nous leur soumettons.

Il est impératif que notre hésitation et nos tergiversations prennent fin. Sinon, nous nous verrons contraints d'agir même sans le soutien de ces camarades qui ont joué un rôle non négligeable sur la scène patriotique par le passé. Ceci vaut mieux que de ne rien faire et de rester éternellement les bras croisés. Peut-être que votre opinion apportera un certain éclairage sur la voie que nous avons décidé de suivre.

En d'autres termes, nous n'acceptons en aucune manière de rester dans la situation dans laquelle nous nous trouvons. Nous voulons réaliser ce que nous pensons être de notre devoir. Nous rejetons les atermoiements qui ne permettent guère d'avancer.

Ponceau est rentré de France, et nous n'allons rien récolter de son passage à Rabat au profit de notre mouvement. Demain, il sera de nouveau à Paris et déclarera que le Maroc se porte à merveille, mieux que l'Algérie et la Tunisie.

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Les Sanctuaires de Sidi Beliout et Sidi El Kerouani dans le collimateur du protectorat.

27 janvier 2014, 22:54


                                                                     
-LES LIEUX TRADITIONNELS DE CULTE ET DE DEVOTION DES MAROCAINS FERONT L'OBJET DE NOMBREUSES TENTATIVES DE DESTABILISATION ET DE PROPAGANDE MENSONGERES DE LA PART DES SERVICES DE LA RESIDENCE...
                                                                   



Sidi Beliout dans les années 1920.
Sidi Beliout dans les années 1920.

Sidi Allel El Kerouani dans les années 1920.
Sidi Allel El Kerouani dans les années 1920.

La muraille de la ville d'Anfa et le borj de Sidi Beliout !!!
La muraille de la ville d'Anfa et le borj de Sidi Beliout !!!




C'était sans compter avec les manipulateurs de l'époque : Obligés d'occuper la chaussée lors des manifestations religieuses, les gens du pays seront surpris par une décision de la commission municipale ... interdisant tous rassemblement sur la voie publique le jour même des cérémonies religieuses  !!!
C'était sans compter avec les manipulateurs de l'époque : Obligés d'occuper la chaussée lors des manifestations religieuses, les gens du pays seront surpris par une décision de la commission municipale ... interdisant tous rassemblement sur la voie publique le jour même des cérémonies religieuses !!!

Dans un premier temps, la colonie Européenne fréquentait la plage de Sidi Beliout, avant la transformation de cette dernière en lieu de démonstration des forces étrangères !
Dans un premier temps, la colonie Européenne fréquentait la plage de Sidi Beliout, avant la transformation de cette dernière en lieu de démonstration des forces étrangères !

achèvement des travaux ...
Le Maréchal Lyautey assiste avec son "équipe" à l'achèvement des ... travaux !


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LA JOURNEE MONDIALE DE LA RADIO


14 février 2014, 10:21



C'EST LA DATE DU 13 FEVRIER QUI A ETE RETENUE PAR L'UNESCO POUR CELEBRER LA JOURNEE MONDIALE DE LA RADIO AU MAROC L'EVOLUTION DE CE MOYEN DE COMMUNICATION MERITE D'ETRE EVOQUE ...
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L’industriel parisien Henri Popp, avait obtenu du Makhzen l’autorisation d’installer des postes de relai, au long de la cote, pour faciliter les transmissions radios. Un incident a failli interrompre la réalisation de ce projet… Voici l’article publié par le Comité de l’Afrique Française en Janvier 1907, à propos de « cet incident » :
La télégraphie sans fil.- La presse mondiale s’est occupée avec intérêt, durant ces derniers mois, de l’affaire marocaine dite de télégraphie sans fil.  En voici les éléments essentiels. Un industriel parisien, M. Henri Popp, avait manifesté l’intention d’installer à Tanger et dans trois ports de la cote des appareils de télégraphie sans fil, en vue de relier par la radio-télégraphie les villes de Tanger, Casablanca, Safi et Mogador. Le projet de M. Popp était de proposer au Makhzen l’achat de ces quatre postes dès que l’installation en serait terminée, pour les livrer au trafic public.
On sait que les autorités marocaines, sur l’instigation des agents diplomatiques allemands, refusèrent de dédouaner, dans les différents ports visés, les poutrelles de fer destinées à élever les pylônes au-dessus de maisonnettes déjà construites, et les appareils électriques nécessaires à la radio-télégraphie. Par la même occasion, des ferrures destinées à des négociants français, furent confisqués dans les mêmes conditions. Le ministre (Ambassadeur) de France, prenant acte de ce que le dédouanement des fers, - marchandise d’importation des plus licites – était ainsi prohibé, protesta énergiquement auprès de Si Torrès et inscrivit au compte du Makhzen une indemnité quotidienne qui devait courir jusqu’au jour où les fers en question seraient livrés.
L’intransigeance du gouvernement chérifien était alors absolue et rigoureuse et rien ne faisait prévoir qu’elle pût se modifier ou s’atténuer. En sa qualité d’industriel, M. Henri Popp, qui ne tenait pas à sacrifier ni ses projets, ni surtout les capitaux importants engagés par lui, essaya de tourner la difficulté en créant, pour exploiter l’affaire de télégraphie sans fil, une Société à laquelle participeraient des nationaux et des capitaux des quatre  puissances considérées, comme les seules vraiment intéressées à l’économie politique du marocaine, à savoir : la France, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Espagne. Néanmoins, la direction de l’affaire devait rester française, entre les mains de M. Henri Popp lui-même.
A cet effet, cet industriel s’adressa aux représentants à Tanger des quatre Etats cités et conclut avec eux un arrangement aux termes  duquel M. Popp était chargé de constituer une Société internationale de télégraphie sans fil au Maroc, Société qui présenterait ensuite son projet d’exploitation à l’agrément du sultan. Cette Société est en train de s’organiser en ce moment.
 Le Makhzen, qui saisit toutes les occasions de brouiller les cartes, a simulé l’ignorance la plus complète des accords ainsi intervenus et a fait savoir aux représentants des puissances qu’il se réservait de monopoliser dans tout l’empire chérifien l’exploitation de tout télégraphe, avec ou sans fil. La question a été examinée au cours de deux séances du corps diplomatique.
 Les autorités marocaines ayant manifesté une certaine amabilité avec les Français dans la période qui a suivi l’occupation d’Oujda, M. Regnault (l’Ambassadeur de France) en a profité pour engager d’actifs pourparlers au sujet du matériel de radio-télégraphie retenu et confisqué en douanes. Il a pu obtenir de Si Torrès (Ministre des Affaires Etrangères) une lettre circulaire ordonnant aux Oumanas de laisser sortir fers et appareils électriques.
L’industriel parisien Henri Popp, avait obtenu du Makhzen l’autorisation d’installer des postes de relai, au long de la cote, pour faciliter les transmissions radios. Un incident a failli interrompre la réalisation de ce projet… Voici l’article publié par le Comité de l’Afrique Française en Janvier 1907, à propos de « cet incident » : La télégraphie sans fil.- La presse mondiale s’est occupée avec intérêt, durant ces derniers mois, de l’affaire marocaine dite de télégraphie sans fil. En voici les éléments essentiels. Un industriel parisien, M. Henri Popp, avait manifesté l’intention d’installer à Tanger et dans trois ports de la cote des appareils de télégraphie sans fil, en vue de relier par la radio-télégraphie les villes de Tanger, Casablanca, Safi et Mogador. Le projet de M. Popp était de proposer au Makhzen l’achat de ces quatre postes dès que l’installation en serait terminée, pour les livrer au trafic public. On sait que les autorités marocaines, sur l’instigation des agents diplomatiques allemands, refusèrent de dédouaner, dans les différents ports visés, les poutrelles de fer destinées à élever les pylônes au-dessus de maisonnettes déjà construites, et les appareils électriques nécessaires à la radio-télégraphie. Par la même occasion, des ferrures destinées à des négociants français, furent confisqués dans les mêmes conditions. Le ministre (Ambassadeur) de France, prenant acte de ce que le dédouanement des fers, - marchandise d’importation des plus licites – était ainsi prohibé, protesta énergiquement auprès de Si Torrès et inscrivit au compte du Makhzen une indemnité quotidienne qui devait courir jusqu’au jour où les fers en question seraient livrés. L’intransigeance du gouvernement chérifien était alors absolue et rigoureuse et rien ne faisait prévoir qu’elle pût se modifier ou s’atténuer. En sa qualité d’industriel, M. Henri Popp, qui ne tenait pas à sacrifier ni ses projets, ni surtout les capitaux importants engagés par lui, essaya de tourner la difficulté en créant, pour exploiter l’affaire de télégraphie sans fil, une Société à laquelle participeraient des nationaux et des capitaux des quatre puissances considérées, comme les seules vraiment intéressées à l’économie politique du marocaine, à savoir : la France, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Espagne. Néanmoins, la direction de l’affaire devait rester française, entre les mains de M. Henri Popp lui-même. A cet effet, cet industriel s’adressa aux représentants à Tanger des quatre Etats cités et conclut avec eux un arrangement aux termes duquel M. Popp était chargé de constituer une Société internationale de télégraphie sans fil au Maroc, Société qui présenterait ensuite son projet d’exploitation à l’agrément du sultan. Cette Société est en train de s’organiser en ce moment. Le Makhzen, qui saisit toutes les occasions de brouiller les cartes, a simulé l’ignorance la plus complète des accords ainsi intervenus et a fait savoir aux représentants des puissances qu’il se réservait de monopoliser dans tout l’empire chérifien l’exploitation de tout télégraphe, avec ou sans fil. La question a été examinée au cours de deux séances du corps diplomatique. Les autorités marocaines ayant manifesté une certaine amabilité avec les Français dans la période qui a suivi l’occupation d’Oujda, M. Regnault (l’Ambassadeur de France) en a profité pour engager d’actifs pourparlers au sujet du matériel de radio-télégraphie retenu et confisqué en douanes...

La Télégraphie Sans Fil, un des quartiers de la ville portait ce nom en raison de sa proximité des "installations" de l'époque.
La Télégraphie Sans Fil, un des quartiers de la ville portait ce nom en raison de sa proximité des "installations" de l'époque.

Photo A.NAGUIB : En remplacement des anciennes installations et pour répondre à de nouveaux besoins, c'est le poste de Bachkou des années 1930, qui assurera désormais la "transmission". C'est un des monuments historiques du patrimoine de la ville !!!
Photo A.NAGUIB : En remplacement des anciennes installations et pour répondre à de nouveaux besoins, c'est le poste de Bachkou des années 1930, qui assurera désormais la "transmission". C'est un des monuments historiques du patrimoine de la ville !!!



1929 A l'occasion du salon de la TSF un ballon portant la pub d'une marque de pneus !
1929 A l'occasion du salon de la TSF un ballon portant la pub d'une marque de pneus



CASABLANCA : Photo de classe d'une école professionnelle de radioélectricité : Un an avant l'independance du MAROC : Il me semble qu'il n'est nul besoin de faire un dessin ... A Casablanca, la capitale économique du pays, les statistiques publiés en 1938 par la Résidence, relatives aux propriétaires de postes de radios,  illustrent la situation réelle de la liberté au Maroc :
720 postes pour les Marocains  Musulmans, 666 postes pour les Marocains Israelites et 11.727 postes pour les Européens ...
CASABLANCA : Photo de classe d'une école professionnelle de radioélectricité : Un an avant l'indépendance du MAROC : Il me semble qu'il n'est nul besoin de faire un dessin ... A Casablanca, la capitale économique du pays, les statistiques publiés en 1938 par la Résidence, relatives aux propriétaires de postes de radios, illustrent la situation réelle de la liberté au Maroc : 720 postes pour les Marocains Musulmans, 666 postes pour les Marocains Israelites et 11.727 postes pour les Européens ...

Radio Corrida !
Radio Corrida !



Un radio allemande destinée aux Marocains en arabe dialectal, qui émettait à partir de la ville de Paris occupée, avait pour nom - Radio Paris - Station Marocaine ...  Il ne nous manquait que la propagande allemande pour boucler la boucle. Cette radio avait pour adresse à Paris 8°, rue Christophe Colomb N° 9.
Un radio allemande destinée aux Marocains en arabe dialectal, qui émettait à partir de la ville de Paris occupée, avait pour nom - Radio Paris - Station Marocaine ... Il ne nous manquait que la propagande allemande pour boucler la boucle. Cette radio avait pour adresse à Paris 8°, rue Christophe Colomb N° 9.

Un pub de Radio Madkouri dans une revue des années 1950.
Un pub de Radio Madkouri dans une revue des années 1950.

Il fallait remplir certaines conditions pour acquérir un poste de radio !
Il fallait remplir certaines conditions pour acquérir un poste de radio !



Radio Tanger, la station internationale, une des sources d'information et d'ouverture sur le monde, pour échapper au sévère contrôle policier exercé par le protectorat !
Radio Tanger, la station internationale, une des sources d'information et d'ouverture sur le monde, pour échapper au sévère contrôle policier exercé par le protectorat !




Au lendemain de l'indépendance ... changement de décor, l'arabe (la pub) et le client deviennent à l'honneur.
Au lendemain de l'indépendance ... changement de décor, l'arabe (la pub) et le client deviennent à l'honneur.

Baidaphone ... disques, radios ...
Baidaphone ... disques, radios ...

Mustapha Abdellah de Radio Tanger et Maati Bidaoui au cinéma Kawakib ...
Mustapha Abdellah de Radio Tanger et Maati Bidaoui au cinéma Kawakib ...

La propagande allemande de Berlin et de Paris !
La propagande allemande de Berlin et de Paris !

Un des premiers orchestres de musique moderne.
Un des premiers orchestres de musique moderne.

l'Age d'or des chanteurs et chanteuses des musiques de toutes les régions du Maroc, enregistrées par les Frères Kheyat. Ce Casablancais compte parmi les premiers acquéreurs de ce PHONO frappé de l'étoile du drapeau Marocain !
l'Age d'or des chanteurs et chanteuses des musiques de toutes les régions du Maroc, enregistrées par les Frères Kheyat. Ce Casablancais compte parmi les premiers acquéreurs de ce PHONO frappé de l'étoile du drapeau Marocain !



Radio : Dans les années 1952 - 1955, période de haute tension et de répression à la suite de l'exil par la Résidence de feu Mohammed V et de la famille royale, l'écoute des stations de radios étrangères était passible d'emprisonnement ... De nombreuses personnes, parmi mes connaissances ont été passer à tabac ou présentées au "pacha" de la fameuse Mahkama des ... Habous ! pour avoir eu l'outrecuidance d'écouter Prague, La voix des arabes du Caire, Londres ou simplement Radio Tanger International. Le fameux Boniface et son acolyte, le pacha Qorchi, de triste mémoire faisaient la LOI dans cette Mahkama ! Les miliciens du pacha Qorchi avaient autorité d'infliger des coups de bâton en public à n'importe quel citoyen, soupçonnés d'être un Watani ! J'éprouve de la compassion envers ces perroquets, qui nous dispensent inlassablement des leçons ...

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Les premières banques installées au Maroc - Tanger - Casablanca.




L'ANNUAIRE DU MAROC de 1912 DES EDITEURS FONTANA FRERES D'ALGER :

POUR LA VILLE DE TANGER LES BANQUIERS AVAIENT POUR NOMS :

1- BANQUE D'ETAT DU MAROC
2- CREDIT FONCIER D'ALGERIE ET DE TUNISIE
3- COMPAGNIE ALGERIENNE
4- DEUTSCHE ORIENTBANK
5- BANQUE D'ESPAGNE
6- HASSAN (SALVADOR)
7- JAHN ET TOLEDANO
8- PARIENTE MOSES

                                             SAUF ERREUR OU OMISSION !!!

POUR LA VILLE DE CASABLANCA LES BANQUES AVAIENT POUR NOMS :

1- BANQUE D'ETAT DU MAROC
2- COMPAGNIE ALGERIENNE
3- DEUTSCHE ORIENTBANK
4- CREDIT FONCIER D'ALGERIE ET DE TUNISIE
5- BANQUE COMMERCIALE DU MAROC
6- BANQUE LYONNAISE

QUE D'OCCASIONS RATEES POUR CELEBRER LES CENTENAIRES DE CES BANQUES ...




La Banque Commerciale du Maroc.

La Banque d'Etat du Maroc place de France.
La Banque d'Etat du Maroc place de France.

La BEM place de France.
La BEM place de France..



1924 Place de France : La Société Marseillaise de Crédit.
1924 Place de France : La Société Marseillaise de Crédit.

Le logo de la banque "Crédit Foncier d'Algérie et de Tunisie" CFAT représente les "drapeaux" des pays d'Afrique du Nord ! C'est du n'importe quoi, une architecture arabo-andalou-colonialo-mauresque ... Bon, bref, l'essentiel, c'est qu'il y avait du zellij, des arcades, dôme et plâtre ... Et des agences à Constantinople et Beyrouth !
Le logo de la banque "Crédit Foncier d'Algérie et de Tunisie" CFAT représente les "drapeaux" des pays d'Afrique du Nord ! C'est du n'importe quoi, une architecture arabo-andalou-colonialo-mauresque ... Bon, bref, l'essentiel, c'est qu'il y avait du zellij, des arcades, dôme et plâtre ... Et des agences à Constantinople et Beyrouth !




Le premier siège de la CFAT Crédit Foncier d'Algérie et de Tunisie à Casablanca.
Le premier siège de la CFAT Crédit Foncier d'Algérie et de Tunisie à Casablanca.

Le siège de la CFAT à Casablanca, dont le style architectural est identique à celui de l'architecture coloniale d'Algérie et de Tunisie : zellij-arcades-dôme-plâtre etc.
Le siège de la CFAT à Casablanca, dont le style architectural est identique à celui de l'architecture coloniale d'Algérie et de Tunisie : zellij-arcades-dôme-plâtre etc.


Ancienne Médina - Bank Al Makhzani Al Maghribi - La Banque d'Etat du Maroc qui occupera les locaux du Comptoir d'Escompte de Paris ...
Ancienne Médina - Bank Al Makhzani Al Maghribi - La Banque d'Etat du Maroc qui occupera les locaux du Comptoir d'Escompte de Paris ...

Place de France : Banque d'Etat du Maroc.
Place de France : Banque d'Etat du Maroc.

Bd de Paris : Le siège de la BEM en cours de construction en 1935.
Bd de Paris : Le siège de la BEM en cours de construction en 1935.

BANK AL MAGHRIB
BANK AL MAGHRIB

Dans une de ses belles et immortelles chansons, Salim Lahlali disait "Ahl El Andalous Kay Fa8mou Bil Ichara" Malheureusement, nous avons encore des pelerins, qui se donnent la peine, pour venir nous expliquer, les mesures salvatrices de la colonisation de 1912 à ... La publication du présent tableau n'a pas la prétention de remédier à quoi que ce soit... Comment expliquer qu'après le bombardement et l'occupation de son territoire, un pays est sommé de régler des frais de guerre, qui s'élèvent à 83.000.000 de Fr. soit 41 % de son PASSIF à deux puissances étrangères ! Nous ne sommes plus sur le registre de la propagande des ... cartes postales !
Dans une de ses belles et immortelles chansons, Salim Lahlali disait "Ahl El Andalous Kay Fa8mou Bil Ichara" Malheureusement, nous avons encore des pelerins, qui se donnent la peine, pour venir nous expliquer, les mesures salvatrices de la colonisation de 1912 à ... La publication du présent tableau n'a pas la prétention de remédier à quoi que ce soit... Comment expliquer qu'après le bombardement et l'occupation de son territoire, un pays est sommé de régler des frais de guerre, qui s'élèvent à 83.000.000 de Fr. soit 41 % de son PASSIF à deux puissances étrangères ! Nous ne sommes plus sur le registre de la propagande des ... cartes postales !









Le CREDIT LYONNAIS.
Le CREDIT LYONNAIS.

Le CREDIT LYONNAIS.
Le CREDIT LYONNAIS.

l'ex COMPAGNIE ALGERIENNE.
l'ex COMPAGNIE ALGERIENNE.
.

l'ex SIEGE de la BANQUE COMMERCIALE DU MAROC de la rue DRISS LAHRIZI.
l'ex SIEGE de la BANQUE COMMERCIALE DU MAROC de la rue DRISS LAHRIZI.

Le CREDIT LYONNAIS Rue de Strasbourg.
Le CREDIT LYONNAIS Rue de Strasbourg.

l'ex BANCA COMMERCIALE ITALIENNE.
l'ex BANCA COMMERCIALE ITALIENNE.

La BANCA COMMERCIALE ITALIENNE.
La BANCA COMMERCIALE ITALIENNE.

La façade de l'ex BANQUE OTTOMANE.
La façade de l'ex BANQUE OTTOMANE.


La première agence de la Banque Populaire de Casablanca.
La première agence de la Banque Populaire de Casablanca.




Haj Abdelmajid Benjelloun, le premier marocain qui prend la direction du Groupement professionnel des Banques au Maroc ex OPBM. Inutile de préciser la nature hermétique (sous le protectorat) du système bancaire au Maroc !!!
Haj Abdelmajid Benjelloun, le premier marocain qui prend la direction du Groupement professionnel des Banques au Maroc ex OPBM. Inutile de préciser la nature hermétique (sous le protectorat) du système bancaire au Maroc !!!

La BNCI (Afrique)
La BNCI (Afrique)



MAISON-DIOUR-KASBAT ET RIAD DE CASABLANCA-ET SA REGION

17 février 2014, 22:38


ENNEZAHA : DANS LA PROCHE BANLIEUE DE CASABLANCA LES JARDINS DITS BHIRA ET OU ARSET ETAIENT CONNUS POUR LA QUALITE DE LEURS PRODUITS HASSAN LOUAZZAN DIT LEON L'AFRICAIN EVOQUE DANS SON PERIPLE LES MELONS D'ANFA TRES APPRECIES PAR LES HABITANTS DE FES ... LA REGION DE CASABLANCA ETAIT CONNUE POUR SES SOURCES ... AIN SEBAA, AIN BORJA, AIN DIAB, AIN BOUZIA, AIN CHOUK, OUED BOU SEKKOURA ET LA SOURCE PORTUGAISE EN NOUVELLE MEDINA.
                                                       
-DANS LA BANLIEUE LA PLUPART DES COMMERCANTS POSSEDAIENT DES PROPRIETES AGRICOLES CONNUES SOUS LE NOM DE DAR ... OUELD M'SIK, LAKHIRI, CHEIKH OUELD JEMEL, BOUCHAIB (El Hraouiyine) GHALEM (El Heraouiyine) JILLALI (Oueled Mellouk) HAJ MOHAMED DOUKKALI ( Ouled Mejjatiya) BEL CADI (Lisasfa) OUELD SIDI TAIYEBI ( Lemkanssa) EL HAFID 'Ouled Haddou) CHEIKH MEZOUAR (Ouled Bouabid) CAID TAIYEBI ( Ouelad Ahmed) ABDELLAH BEN DAHBI ( Ouelad Jerrar) etc...
                                                                           
-AOUT 1907 : LE BOMBARDEMENT DE LA VILLE DE CASABLANCA SE POURSUIVRA PAR LA DESTRUCTION DES KASBATS ET DIOURS DE RESISTANTS OU NOTABLES A TRAVERS TOUTE LA REGION DE LA CHAOUIA.
                                                                       
-LES CAHIERS DE LA CHAOUIA ONT CONSACRES A LA RESITANCE NATIONALE DANS LE CHAOUIA UN REMARQUABLE TRAVAIL DE RECHERCHE DANS LE CADRE DE LA FONDATION TAMESNA POUR L'ETUDE ET LA RECHERCHE EN CHAOUIA QUI A VU LA PARTICIPATION DE :
CHOUAIB HALIFI - NOUREDDINE FERDI - MOHAMED MAAROUF DAFALI - ABDELHAMID AHSAIN - MOHAMED EL FELLAH EL ALAOUI - AHMED ACHAABAN ET JALAL KANDALI.
                                                                          .
                                                                        
 

1907 : La Seqala ...
1907 : La Seqala ...




1907 : Une des principales rues de l'Ancienne Médina ...
1907 : Une des principales rues de l'Ancienne Médina ...


La légende de la carte postale "Une halte dans les ruines". Les belles maisons des notables marocains ont été copieusement bombardées ...
La légende de la carte postale "Une halte dans les ruines". Les belles maisons des notables marocains ont été copieusement bombardées ...

1907 : Un des carrefours du quartier Tnaker en grande partie endommagé !
1907 : Un des carrefours du quartier Tnaker en grande partie endommagé !



Ancienne Médina.






Au port.
Au port.




Tirs d'obus.
Tirs d'obus.




La Seqala.
La Seqala.

1920 : Les deux parties amputées derrière la muraille de la ville ...
1920 : Les deux parties amputées derrière la muraille de la ville ...

Le futur Bd du 4 ème Zouaves.
Le futur Bd du 4 ème Zouaves.



Angle Bd du 2ème Tirailleurs.
Angle Bd du 2ème Tirailleurs.




Bd du 4 ème Zouaves.
Bd du 4 ème Zouaves.

Le Drapeau Français hissé sur le Palais du Pacha Par les Marins du "Du Chayla". Le pacha Si Boubker Bouzid à été fait prisonnier de guerre et placé sur le bâtiment de guerre "Galilée".
Le Drapeau Français hissé sur le Palais du Pacha Par les Marins du "Du Chayla". Le pacha Si Boubker Bouzid à été fait prisonnier de guerre et placé sur le bâtiment de guerre "Galilée".

Dans la région de Casablanca.
Dans la région de Casablanca.


1907 : Le Général Drude.
1907 : Le Général Drude.


Bravo Amiral !!!

"Mes compliments, Amiral" s'écria le général Drude"
"Mes compliments, Amiral" s'écria le général Drude"

La Kasbat de Benahmed.
La Kasbat de Benahmed.

La Kasbat de Médiouna.
La Kasbat de Médiouna.

Kasbat de Médiouna : séance de travail entre les Généraux Lyautey et d'Amade.
Kasbat de Médiouna : séance de travail entre les Généraux Lyautey et d'Amade.

Après le tir au canon de 75, les zouaves ce sont mis à l'œuvre pour achever les travaux de destruction d'une des Kasbats de la Chaouia.
Après le tir au canon de 75, les zouaves ce sont mis à l'œuvre pour achever les travaux de destruction d'une des Kasbats de la Chaouia.

Kasbat Tadla : Après la démolition, la dédicace "Effet du 75"
Kasbat Tadla : Après la démolition, la dédicace "Effet du 75"

C'est au tour de la Kasbat des Ouled Said.
C'est au tour de la Kasbat de